Connaitra-t-on enfin le vainqueur de la CAN 2025 ? Après avoir entendu les deux parties lors d’une audience tenue jeudi dernier, le Tribunal arbitral du sport (TAS) devrait se prononcer entre le 18 et le 22 octobre. Alors que la victoire a été attribuée par la CAF au Maroc sur tapis vert, le Sénégal croit en ses chances devant la juridiction internationale. Il s’appuie sur un argument clé : la finale a repris après le retour des joueurs sur la pelouse et s’est achevée par une victoire des Lions de la Teranga.
Le Sénégal retient son souffle et continue d’espérer le titre de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025. Après plusieurs mois de contestation, le Tribunal arbitral du sport (TAS) a entendu, le jeudi 8 octobre, à Lausanne, les représentants du Sénégal, du Maroc et de la Confédération africaine de football (CAF). Rien n’a filtré de cette audience tenue à huis clos. Mais les débats sont désormais terminés et les arbitres du sport doivent se prononcer dans les plus brefs délais. Selon la presse sénégalaise, la décision du TAS pourrait être rendue entre le 18 et le 22 octobre.
Des joueurs sénégalais avaient quitté le terrain avant le terme de la finale de la CAN 2025
Pour la Fédération sénégalaise de football (FSF), l’enjeu est considérable : faire annuler la décision du jury d’appel de la CAF du 17 mars, qui avait déclaré le Sénégal forfait et attribué le titre sur tapis vert (3-0), alors que les Lions de la Teranga s’étaient imposés sur le terrain par 1-0 après prolongation. Disputée le 18 janvier 2026 au Stade Prince Moulay Abdellah à Rabat, cette finale a été émaillée de plusieurs faits polémiques, dont l’affaire des serviettes et surtout la sortie du terrain de certains joueurs sénégalais après l’attribution d’un penalty au Maroc dans le temps additionnel. C’est ce dernier incident qui vaut aujourd’hui au Sénégal d’être traîné devant le TAS.
Le Maroc repose sa défense sur l’article 82 du règlement de la CAF
Pour remporter la CAN sur tapis vert, le Maroc brandit l’article 82 du règlement de la CAF. Ce texte stipule qu’une équipe est considérée comme perdante et éliminée de la compétition si elle quitte le terrain avant la fin réglementaire d’un match sans l’autorisation de l’arbitre. Sauf que la rencontre a repris sur décision de l’arbitre et les Lions de la Teranga se sont imposés à la régulière. C’est le principal argument de la FSF et il tient.
« À mon avis, la position du Sénégal est plus forte que celle du Maroc (…) Le fait que l’arbitre, en tant que plus haute autorité pendant le match, ait permis la poursuite du jeu constitue un argument fort en faveur du Sénégal. », avance l’avocat espagnol spécialisé en droit du sport Toni Roca, interrogé par le média Winwin. Le juriste souligne toutefois qu’il reste hasardeux de prédire la décision du TAS.
Les Sénégalais soupçonnent la CAF de vouloir donner la CAN 2025 au Maroc
Au-delà de la lecture des règlements, cette affaire ravive les interrogations sur le fonctionnement et la crédibilité des instances du football africain. Tout le monde se demande comment une finale disputée jusqu’à son terme, et remportée sur le terrain par le Sénégal, peut déboucher sur une inversion du résultat par la CAF grâce une interprétation partiale du règlement. On se pose des questions d’autant que le Maroc était le pays organisateur et a eu plusieurs décisions arbitrales en sa faveur tout au long du tournoi. Les supporters sénégalais soupçonnent Patrice Motsepe et son clan de vouloir donner le titre aux Lions de l’Atlas, plus de quarante ans après leur unique trophée.
Une victoire du Maroc sur tapis vert serait une véritable honte pour l’Afrique
Pour le moment, les informations disponibles ne permettent pas d’affirmer que le Maroc a bénéficié d’une intervention irrégulière ou d’une manœuvre destinée à lui offrir le titre. De telles accusations exigent des preuves. La polémique n’en demeure pas moins importante. Une victoire sur tapis vert du Maroc serait perçue comme une grave injustice et pourrait diviser profondément la CAF. Elle jetterait même l’opprobre sur le football africain et ses instances. La logique voudrait que le trophée reste dans les mains des Sénégalais ou que la finale soit reprise ou encore la CAN 2025 annulée.





