En 2025, la mine Langer Heinrich, en Namibie, a livré 1 830 tonnes d’uranium, selon les chiffres de World Nuclear Association. C’est près du double de la production nationale du Niger en 2024 (962 tonnes). Grâce à cette performance, la Namibie consolide sa position de leader du marché africain de l’atome, tout en renforçant sa stabilité économique et son développement durable.
En 2025, la mine Langer Heinrich, en Namibie, a livré 1 830 tonnes d’uranium d’après les chiffres de World Nuclear Association (WNA). C’est presque deux fois le volume extrait par le Niger en 2024 (962 tonnes). Cette comparaison permet de mesurer la montée en puissance de la Namibie et surtout l’ampleur du recul de la production du Niger sur une décennie. Jusqu’en 2015, le pays ouest-africain était le premier producteur du continent en uranium. Mais depuis, sa production a baissé et drastiquement chuté après la prise du pouvoir par les militaires en juillet 2023. Aujourd’hui, il occupe la deuxième place derrière la Namibie et devant l’Afrique du Sud.
Niamey et Orano se disputent un stock d’uranium
D’après World Nuclear Association, le Niger a produit 1 130 tonnes d’uranium en 2023 et 962 tonnes en 2024. La production de ces deux années représente la moitié de celle de la seule année 2015, qui était d’environ 4116 tonnes. Pour rappel, l’uranium nigérien est extrait par la Société des Mines de l’Aïr (Somaïr), une coentreprise entre le français Orano et le gouvernement nigérien.
Mais cette joint-venture fait depuis juillet 2023 l’objet de tensions entre les deux parties. Niamey a d’abord bloqué les exportations avant de nationaliser la société en 2025, mettant fin à un partenariat de plusieurs décennies avec Orano. S’estimant dépossédé de sa marchandise, le groupe français a engagé jusqu’à quatre procédures d’arbitrage contre le Niger.
La Namibie exporte les trois quarts de sa production en Asie
De son côté, la Namibie a profité de la chute de la production du Niger pour devenir en 2022 le premier producteur africain d’uranium et le troisième au monde, avec 5 613 tonnes produits, soit 11 % de l’approvisionnement mondial en la matière. Le pays d’Afrique australe se trouve loin derrière le Kazakhstan (21 227 tonnes ; 43 % de l’approvisionnement mondial) et le Canada (7 351 tonnes d’uranium ; 15 % de l’approvisionnement mondial).
En 2021, la Namibie a exporté 76 % de son uranium en Asie (presqu’entièrement en Chine), 16 % en Amérique du Nord, et 8 % en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Fer de lance du secteur minier national, l’uranium a profondément transformé l’économie namibienne, en générant d’importantes recettes fiscales, en créant de nombreux emplois et en permettant la construction d’infrastructures.
L’uranium essentiel au nucléaire civil et militaire
Pour rappel, l’uranium joue un rôle essentiel dans le domaine nucléaire. D’abord dans le nucléaire civil. Il permet de produire une électricité plus propre, plus fiable et peu coûteuse. De nombreux pays ont misé depuis quelques années sur l’atome dans le cadre de leur transition énergétique. Ainsi, la part de cette énergie a considérablement augmenté dans le mix électrique, principalement en Europe. La demande devrait croître dans les années à venir, et avec elle le prix de la matière.
En plus du nucléaire civil, l’uranium sert à la fabrication de la bombe atomique (le nucléaire militaire). Au moins huit pays possèdent aujourd’hui cette arme apocalyptique, dont la Russie, les États-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et potentiellement Israël. La détention de cette arme est interdite par les traités de l’AIEA, mais elle garantit le respect des autres puissances. C’est pourquoi l’Iran tente d’en fabriquer.





