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F1 : le projet de GP au Rwanda fait polémique

Le 13 octobre, la FIA a annoncé qu’elle prévoit l’organisation d’un Grand Prix de Formule 1 au Rwanda pendant dix ans, à partir du début des années 2030. Ce sera une première pour l’Afrique, plus de trente ans après le dernier Grand Prix d’Afrique du Sud, disputé en 1993. Mais ce projet suscite de vives critiques d’ONG, comme Amnesty International, qui accuse les autorités rwandaises de recourir au sportswashing pour améliorer leur image, à l’instar des monarchies du Golfe. L’organisation dénonce les atteintes aux droits humains et les restrictions des libertés dans le pays, ainsi que le rôle de son gouvernement dans le conflit en RDC.

La Fédération internationale de l’automobile (FIA), la Formule 1 et les autorités rwandaises ont annoncé, le mardi 13 octobre 2026, la conclusion d’un accord prévoyant l’organisation d’un Grand Prix au Rwanda pendant dix ans, à partir du début des années 2030. Cette décision marque une première pour le pays et ouvre la voie au retour de la discipline reine du sport automobile sur le continent africain, plus de trente ans après le dernier Grand Prix d’Afrique du Sud, disputé en 1993. Le circuit doit être construit à Bugesera, à une quarantaine de kilomètres au sud de Kigali, près du futur aéroport international.

Le Rwandais fait du « sportswashing »

L’attribution d’un GP de F1 au Rwanda n’est pas passée inaperçue dans le monde militant. Amnesty International, notamment, dénonce un « trophée de sportswashing », accusant le gouvernement de Paul Kagame d’investir dans les grands événements sportifs pour redorer son image et détourner l’attention de son bilan politique. L’organisation des droits humains critique les détentions arbitraires, la torture et la répression de la liberté d’expression. Elle dénonce également le rôle du Rwanda dans la crise sécuritaire en RDC, où Kigali est accusé de soutenir militairement et financièrement le groupe armé M23.

Le Rwanda s’inspire des pays du Golfe

Ces critiques rappellent celles formulées contre plusieurs pays du Golfe, notamment les pétromonarchies, comme le Qatar et l’Arabie Saoudite, qui utilisent les compétitions internationales pour renforcer leur réputation et leur influence internationales. Le Rwanda emprunte la même voie. Le pays a déjà accueilli, l’an dernier, les championnats du monde de cyclisme, devenant ainsi la première nation africaine à organiser cette compétition. Kigali renforce également sa visibilité internationale via le sponsoring de plusieurs grands clubs sportifs, notamment le Paris Saint-Germain, avec le logo « Visit Rwanda », ainsi que les Los Angeles Clippers, une franchise de la NBA.

Un opposant au régime rwandais retrouvé décapité près de Kampala, en Ouganda

Si le président Kagame est crédité pour la transformation économique du Rwanda, ses opposants l’accusent aussi de réprimer la contestation et même de les éliminer physiquement. Robert Kabera, un ex militaire rwandais exilé en Ouganda et devenu star sur YouTube, a été retrouvé décapité en début semaine près de Kampala. Sa mort renforce les inquiétudes concernant la sécurité des dissidents rwandais vivant en exil. Au-delà des droits humains, des voix s’interrogent sur le coût des projets sportifs, alors que le pays reste pauvre et que les sommes nécessaires pourraient être consacrées à la santé ou à l’éducation.

Une opportunité pour le sport et l’économie africaine

Si l’attribution du premier GP africain depuis 30 ans au Rwanda doit logiquement susciter la controverse, le projet représente néanmoins une opportunité pour le sport africain. En effet, la Formule 1 pourrait stimuler le tourisme, l’hôtellerie, la restauration et l’emploi dans la région des Grands Lacs, tout en favorisant le développement de la discipline sur un continent qui compte, selon les données officielles, environ 100 millions de passionnés. Le Rwanda, surtout, espère attirer quelque 100 000 visiteurs à l’occasion de l’évènement et bénéficier d’importantes retombées économiques. Il faut noter par ailleurs que l’initiative suscite l’enthousiasme chez plusieurs pilotes, désireux de rouler enfin en Afrique. Lewis Hamilton, en premier, qui milite depuis longtemps pour le retour de la Formule 1 en Afrique. Max Verstappen et George Russell ont également exprimé leur soutien.

Le Rwanda doit encore relever plusieurs défis pour accueillir la F1

Toutefois, l’attribution officielle du Grand Prix de F1 à Kigali ne garantit pas sa tenue. Le Rwanda doit encore construire un circuit répondant aux exigences de la FIA et relever d’importants défis en matière d’infrastructures, d’organisation, de sécurité et de financement. L’exemple de pays ayant abandonné la Formule 1 après des investissements faramineux rappelle d’ailleurs les risques économiques associés à ce type de projet. Pour l’instant, la FIA n’a annoncé aucune date précise, le début des années 2030 demeurant un horizon indicatif. Tout peut donc encore arriver. Et des pays comme le Maroc et l’Afrique du Sud ont également manifesté leurs intérêts.

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