À cinq jours des élections de midterms aux États-Unis, les démocrates sont en position favorable dans les sondages, grâce notamment aux discours de Barack Obama, tandis que les frasques de Donald Trump fragilisent le camp républicain. Le président américain avait pourtant promis de verser 5 000 dollars aux électeurs si son parti conserve le contrôle du Congrès. Cette stratégie ne semble visiblement pas payer.
Les élections de mi-mandat aux États-Unis se tiennent le mardi 3 novembre 2026. Elles permettent de renouveler l’ensemble de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat, composantes du Congrès américain. Ce scrutin constitue un test majeur pour le président en exercice. En effet, les résultats déterminent ses marges de manœuvre pour les deux dernières années de son mandat. Une perte de la majorité républicaine pourrait compliquer l’adoption des projets de Donald Trump et ouvrir la voie à des enquêtes parlementaires, voire à une nouvelle procédure de mise en accusation (impeachment).
Les démocrates en ballotage favorable dans les sondages à quelques jours des midterms
À quelques jours de cette échéance, les sondages sont en faveur des démocrates. Au 28 octobre, l’indicateur national des intentions de vote pour la Chambre des représentants leur accordait 51,1 % contre 42,4 % aux républicains, soit un écart de 8,7 points. Une autre moyenne, compilée à partir de plusieurs centaines d’enquêtes, plaçait leur avance à près de dix points. Cette dynamique rappelle les élections de 2018, lorsque les démocrates avaient repris la Chambre des représentants. Une victoire reste toutefois incertaine : les redécoupages électoraux intervenus depuis le recensement de 2020 avantagent les républicains dans plusieurs circonscriptions, tandis que la mobilisation des électeurs pourrait modifier les scores.
Barack Obama galvanise l’électorat démocrate
Pour renforcer leur dynamique, les démocrates peuvent compter sur Barack Obama. L’ancien président multiplie les meetings dans les États disputés, notamment en Géorgie, dans le Michigan et dans l’Ohio. Ses discours, mêlant attaques contre l’administration Trump et traits d’humour, cherchent à encourager les électeurs à se rendre aux urnes. Son charisme et sa capacité à galvaniser les foules sont considérés comme des atouts pour le parti démocrate. Certains observateurs estiment toutefois que son influence pourrait être plus forte dans les grandes villes que dans les circonscriptions les plus disputées.
Le comportement de Donald Trump et les difficultés économiques aux États-Unis pointés du doigt par les électeurs
De son côté, Donald Trump peine à convaincre au-delà de son électorat fidèle. Selon les enquêtes d’opinion, 61 % des électeurs inscrits désapprouvent son action et 44 % des électeurs susceptibles de voter souhaitent avant tout exprimer leur opposition au président. Son comportement y est pour beaucoup. Les difficultés économiques pèsent également sur le scrutin : près de quatre personnes interrogées sur dix déclarent que leur situation financière s’est dégradée. Face à l’impopularité qui le frappe, le locataire de la Maison Blanche se lance dans des opérations désespérées.
Le président américain avait pourtant promis 5 000 dollars à chaque Américain en cas de victoire aux midterms
En septembre, Donald Trump a notamment promis un « dividende » de 5 000 dollars par adulte si les républicains conservent les deux chambres du Congrès. Le coût potentiel de cette promesse est estimé à plus de 1 200 milliards de dollars. Les modalités de financement encore floues soulèvent toutefois des questions. Il n’est d’ailleurs pas certain que cette opération séduise la plupart des Américains. Certains n’ont cependant pas besoin de ce marchandage éhonté pour le voter. En effet, Trump peut compter sur la fidélité de sa base conservatrice et du mouvement MAGA, dont les sympathisants affichent un enthousiasme élevé à l’approche du vote.
Un revers électoral aux midterms handicaperait fortement Donald Trump pour le reste de son mandat
Le président américain le sait, l’enjeu de ces midterms dépasse le seul contrôle du Congrès. Une défaite des Républicains pourrait déclencher des enquêtes parlementaires sur ses décisions, son patrimoine, ses affaires et celles de son entourage. Les démocrates n’excluent pas une nouvelle procédure d’impeachment, même si une destitution nécessiterait ensuite une condamnation par le Sénat. Un revers électoral limiterait aussi sa capacité à faire adopter ses projets de loi et à mener à bien sa politique étrangère. Donald Trump ne pourrait par exemple pas avoir les mains libres pour frapper à nouveau l’Iran, intervenir au Yémen ou encore renverser le régime de Cuba comme il l’a promis.





