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Côte d’Ivoire : Isaac De Bankolé lance à Abidjan une école panafricaine de théâtre et de cinéma

L’acteur ivoirien de renommée internationale Isaac De Bankolé a officiellement lancé, le lundi 26 octobre 2026 à Abidjan, son projet culturel baptisé « Premier Continent ». Portée par le réalisateur franco-ivoirien Philippe Lacôte, cette initiative associe une école panafricaine de théâtre et de cinéma à un festival international. Elle ambitionne de professionnaliser les acteurs, de valoriser les talents locaux et de renforcer le rayonnement du cinéma africain.

L’acteur ivoirien de renommée internationale Isaac De Bankolé, qui a notamment joué dans les films français Black Mic-Mac (1986) et américain The Limits of Control (2009), a officiellement lancé, le lundi 26 octobre 2026 à Abidjan, son projet « Premier Continent ». Cette initiative culturelle vise à ouvrir une école panafricaine de théâtre et de cinéma associée à un festival international. Son lancement officiel s’est déroulé au cinéma Majestic Ivoire, lors d’une conférence de presse animée par Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, en présence de Françoise Remarck, ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie.

Isaac De Bankolé va proposer des cours d’actorat en français et en anglais

À travers « Premier Continent », Isaac De Bankolé et ses partenaires souhaitent répondre au manque de formation spécialisée et d’accompagnement professionnel des comédiens ivoiriens et africains. Prévue dans le quartier de Riviera Golf, à Abidjan, la future école doit permettre aux acteurs et futurs acteurs d’acquérir les compétences nécessaires pour intégrer des productions nationales et internationales. Les enseignements seront dispensés en français et en anglais, afin d’élargir les possibilités de carrière des futurs professionnels. Le projet vise également à favoriser les coproductions entre pays du Sud et à rapprocher les jeunes talents des producteurs, diffuseurs et financeurs africains et européens.

Isaac De Bankolé a vu « un vivier incroyable de jeunes talents »

Isaac De Bankolé a présenté cette initiative comme l’aboutissement d’une ambition portée depuis près de quarante ans, lorsque le cinéma français le découvrait. Il est convaincu que de nombreux jeunes africains possèdent un talent artistique qu’ils ignorent, comme lui quand il a été repéré par hasard par le réalisateur Gérard Vergez dans les années 1970, alors qu’il entreprenait une maîtrise de mathématiques à Paris. « Nous avons ici un vivier incroyable de jeunes talents. Mais, il faut professionnaliser le secteur », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité de donner aux jeunes les moyens de s’exprimer et de libérer leur potentiel.

Le Festival de Cannes réaffirme son soutien au projet d’Isaac De Bankolé

Le second volet de son projet concerne un festival international de cinéma, dont la première édition est prévue pour fin novembre ou début décembre 2027. Ce rendez-vous du grand écran doit accroître la visibilité des productions africaines et faciliter les rencontres entre professionnels. Outre le lieu de cet évènement, qui reste à définir, les projections gratuites en plein air sont prévues dans plusieurs quartiers d’Abidjan pour rapprocher le septième art du grand public. Thierry Frémaux a réaffirmé le soutien du Festival de Cannes, saluant l’intérêt du public ivoirien pour le cinéma. De son côté, Françoise Remarck a assuré que l’État accompagnerait l’initiative, menée en partenariat avec les ministères chargés notamment de la Culture, de la Communication, de la Jeunesse et du Tourisme.

« Babiwood » veut devenir une référence du cinéma africain

Le lancement de « Premier Continent » intervient alors que la Côte d’Ivoire cherche à consolider sa place dans le paysage cinématographique africain. Sous l’appellation « Babiwood », inspirée de Hollywood aux États-Unis, de Nollywood au Nigeria et de Bollywood en Inde, Abidjan nourrit l’ambition de devenir un centre majeur de production de films et de séries. La multiplication des tournages et le développement des salles privées témoignent de cet essor, même si les besoins en équipements et en formation demeurent importants. C’est ce que veut en partie résoudre le projet d’Isaac De Bankolé.

Après la France, Canal+ porte le cinéma ivoirien

Depuis quelques années, le cinéma ivoirien s’impose comme une référence en Afrique francophone, alors que le Burkina Faso, longtemps considéré comme une autorité régionale grâce notamment au Fespaco, a vu son secteur fragilisé par l’instabilité politique et sécuritaire. Pour soutenir la dynamique nationale, les autorités ivoiriennes multiplient les initiatives dans le secteur. Des groupes internationaux comme Canal+, acteur majeur de l’audiovisuel français sous l’influence de Vincent Bolloré, investissent aussi dans la production locale. Dans ce contexte, l’école et le festival « Premier Continent » pourraient contribuer à structurer durablement la filière, à former une nouvelle génération de professionnels et à donner davantage de visibilité aux créations ivoiriennes et africaines.

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