Alors que les autres fédérations se sont vigoureusement opposées à la privatisation de la FIFA par Gianni Infantino, la CAF n’a pas ouvertement pris position contre le projet. Elle a appelé à la discussion, ayant en vue la manne financière promise par le dirigeant italo-suisse à tous ses soutiens. On s’attendait à une telle réaction de la part de l’instance africaine dirigée par le très controversé Patrice Motsepe.
Gianni Infantino a annoncé vendredi dernier qu’il renonçait à son projet de privatisation de la FIFA, après de vives critiques de plusieurs fédérations, principalement européennes, sud-américaines et asiatiques. Dès l’annonce de l’initiative, l’UEFA, la CONCACAF et l’AFC (fédération asiatique de football) ont vivement réagi, menaçant de boycotter les compétitions et de retirer leur soutien à Infantino pour l’élection de mars 2027, prévue à Rabat (Maroc). Seule la Confédération africaine de football (CAF) a apporté un soutien tacite.
La CAF voulait étudier le projet de la FIFA contrairement aux autres confédérations
La CAF a dit qu’elle encourageait « ses associations membres à étudier la proposition de la FIFA et à participer au processus de consultation, conformément aux règlements et aux procédures établies » par les deux organisations. Elle a également annoncé une réunion au sommet pour statuer d’une position commune à adopter. Cette réaction à contre-courant de celle de toutes les autres fédérations a étonné certains, mais elle pourrait se comprendre si on se limite aux promesses faites par Gianni Infantino à ses soutiens.
La FIFA promet 40 millions de dollars à chaque fédération qui soutiendrait son projet de privatisation
Enfin, Gianni Infantino entend redistribuer les près de 4,2 milliards (3,7 milliards d’euros) que devraient rapporter la privatisation de la FIFA aux fédérations qui soutiendront son projet controversé. Chaque association nationale partisane pourrait empocher un chèque d’environ 40 millions de dollars (35 millions d’euros) pour son soutien. La CAF voit dans cette manne financière un moyen de développer le football sur le continent africain. À l’aulne de ce calcul, on pourrait comprendre la position de la confédération africaine. Mais connaissant son président, il y a des questions à se poser.
La CAF de Patrice Motsepe toujours dans les pas de la FIFA de Gianni Infantino
Si Patrice Motsepe met en avant l’opportunité de développer le football en Afrique, on n’ignore pas qu’il partage une fibre mercantile avec Gianni Infantino. Le très controversé président de la CAF a toujours soutenu son compère de la FIFA. Il copie même ses réformes. Gianni Infantino a fait passer la Coupe du monde de 32 à 48 équipes et prévoit de passer à 64 en 2030. Motsepe a fait passer la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de 16 à 24 équipes. Il envisagerait de monter à 28 voire 32 lors des prochaines éditions, sans oublier les fameuses pauses fraîcheurs ou plutôt pub. Tout est bon pour se faire toujours plus d’argent, quitte à tuer le jeu.
Le sort de Patrice Motsepe pourrait être lié à celui de Gianni Infantino
Patrice Motsepe serait-il prêt à soutenir son copain Gianni Infantino jusqu’au bout ? Il pourrait en payer le prix. Plusieurs fédérations européennes ont appelé à la démission du Suisse de 56 ans, alors que celui-ci doit se présenter pour un troisième mandat en mars 2027 à Rabat. S’il tombe, Motsepe pourrait avoir des ennuis, d’autant qu’il fait déjà face à une fronde au sein de la CAF. Plusieurs fédérations africaines l’accusent de corruption et d’accointance avec certains pays comme le Maroc.
La CAF risque d’exploser si elle ne règle pas de manière équitable le litige autour de la finale de la CAN 2025
On rappelle d’ailleurs que la CAF n’a toujours pas donné le nom du vainqueur de la CAN 2025, six mois après la finale polémique. Elle devrait le faire en octobre prochain, avant son Assemblée Générale, qui promet d’être électrique. Si Motsepe ne prend pas la bonne décision, à savoir remettre la coupe au vainqueur sur le terrain, il pourrait précipiter sa chute. On n’a jamais vu un pays gagner une compétition de cette envergure sur tapis vert, surtout quand la rencontre est allée à son terme. Il faudrait au pire des cas rejouer la finale, peut-être en Europe et avec un arbitre européen. Il n’y a pas de honte à cela, quand on est incapable d’agir comme des grands.





