Une semaine après l’accord intergouvernemental signé par les États membres de la CEDEAO, le gazoduc atlantique entre le Nigeria et le Maroc lance sa phase de structuration financière. L’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, a confirmé une démarche auprès de l’Exim Bank américaine et de la Banque mondiale pour financer le projet, mais n’a pas donné le montant sollicité. Prévu débuter en 2028, les travaux devraient coûter 26 milliards de dollars.
L’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, a annoncé le 25 juillet que son pays cherche à mobiliser l’Export-Import Bank des États-Unis (Exim Bank) et la Banque mondiale pour financer le gazoduc africain Atlantique, devant relier le Nigeria au Maroc via une dizaine de pays ouest-africains. Le diplomate n’a pas précisé les montants sollicités ni la forme que pourrait prendre la participation de ces banques, mais le projet devrait coûter 26 milliards de dollars, selon le montage financier. Un porte-parole de l’Exim Bank a confirmé l’existence de discussions préliminaires. Quant à la Banque mondiale, elle n’a pas souhaité commenter cette information.
« L’un des projets d’infrastructure les plus ambitieux actuellement en développement en Afrique »
Youssef Amrani a déclaré que ce gazoduc était « l’un des projets d’infrastructure les plus ambitieux actuellement en développement en Afrique ». Pour le diplomate marocain, les tensions sur les routes énergétiques du Moyen-Orient renforcent l’intérêt stratégique de cette initiative. Ses déclarations interviennent une semaine après le jalon institutionnel attendu par les bailleurs depuis plusieurs années. Dimanche 19 juillet à Freetown, en Sierra-Leone, les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont signé l’accord intergouvernemental donnant leur aval à cet ouvrage et établissant son cadre juridique et de gouvernance, après près de dix ans de négociations entre les Etats concernés.
Le gazoduc atlantique livrera 30 milliards de mètres cubes par an
Long de 6 800 kilomètres, le mégaprojet de gazoduc africain atlantique va relier le Nigeria au Maroc en passant par 13 pays, dont le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Mauritanie. Sa construction doit démarrer en 2028 et prendre fin en 2031. Porté par l’Office national des hydrocarbures et des mines marocain (ONHYM) et la Nigerian National Petroleum Company (NNPC), l’infrastructure livrera 30 milliards de mètres cubes par an, soit environ 3 milliards de pieds cubes par jour de gaz, acheminés vers les marchés des pays impliqués dans le projet. Au Maroc, elle doit rejoindre le gazoduc Maghreb-Europe, connecté à l’Espagne. Mais ce raccordement n’est pas encore validé totalement.
Le gazoduc atlantique va structurer un marché gazier régional
Le corridor gazier vise à désenclaver les pays ouest-africains aujourd’hui cloisonnés, et structurer un marché gazier régional. Il complètera le réseau régional, composé du gazoduc de l’Afrique de l’ouest reliant le Nigéria et le Ghana et du gazoduc transsaharien passant par le Niger et l’Algérie.
Ce projet a la particularité de passer pour une bonne partie par l’océan atlantique et d’éviter des pays instables, comme ceux du Sahel en ce moment. Mais cette configuration ajoute des difficultés techniques ainsi que des coûts supplémentaires. D’où le besoin de trouver des partenaires financiers d’ordre mondial. Comme le financement du gazoduc est assumé par l’ensemble des pays concernés, cela réduit le risque de défaut de paiement pour les banques.





