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Féminicides en Afrique du Sud : peur et panique sur la région de Johannesburg

En Afrique du Sud, une série de féminicides sème la peur et la panique dans la région de Johannesburg. En deux mois, neuf femmes ont été tuées, dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres. Cette vague de meurtres suscite l’indignation générale et la colère chez les citoyens, qui appellent les autorités à l’action pour y mettre fin. Interpellé par des associations, le président Ramaphosa a donné instruction à la police de traiter en priorité ces affaires.

La région de Johannesburg n’est plus sûre pour les femmes. En deux mois, neuf femmes ont été découvertes mortes, souvent dénudées, dans un rayon d’une dizaine de kilomètres. La dernière victime a été retrouvée le jeudi 17 septembre, près d’une semaine après la huitième, du nom d’Elizabeth « Tsontso » Moselakgomo. Âgée de 38 ans, celle-ci gisait derrière un hôtel. Elle faisait son jogging quotidien apparemment.

Une onde de choc en Afrique du Sud

Cette série de féminicides provoque une véritable onde de choc en Afrique du Sud. À chaque découverte d’un nouveau corps, l’affaire fait la une des médias et suscite de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Les associations et formations politiques expriment leur indignation et réclament des réponses concrètes pour y mettre un terme. Elles critiquent surtout les autorités pour leur incapacité à protéger adéquatement les femmes. En premier lieu le président Cyril Ramaphosa, qui avait fait de la lutte contre les violences basées sur le genre une cause nationale, notamment à l’occasion du sommet du G20 de l’année dernière. Les citoyens disent ne voir aucun changement concret sur le terrain depuis cette promesse.

Les récents féminicides seront traités en priorité

Cyril Ramaphosa dit avoir donné pour instruction de traiter les récents féminicides en priorité et de tout mettre en œuvre pour traduire les responsables en justice. « Nos forces de l’ordre travaillent en partenariat avec les citoyens, sur lesquels nous comptons pour toute information susceptible de contribuer à mettre fin à ces agressions contre les femmes », a déclaré le président sud-africain. Pour sa part, le ministre de la Police par intérim, Firoz Cachalia, a qualifié la découverte des corps de « profondément troublante ». La police sud-africaine offre une récompense de 400 000 rands (soit environ 25 000 dollars américains) pour toute information permettant d’arrêter le ou les auteurs de cette série de meurtres de femmes.

Un seul tueur ou plusieurs criminels sans lien ?

Une équipe spéciale d’enquête a été mise en place et a commencé à établir des liens entre plusieurs de ces affaires. Elle reste toutefois prudente à ce stade, ne sachant pas s’il s’agit d’un seul et même tueur ou de plusieurs criminels. « Il se pourrait qu’il s’agisse d’un crime par imitation qui se produit ici même, mais pour l’instant, aucun lien n’a été établi », a déclaré la porte-parole de la police, la brigadière Athlenda Mathe. Mais de nombreux Sud-africains soupçonnent un seul criminel, appelé « tueur en série de Kempton Park », du nom de cette petite ville située à l’est de Johannesburg, où les premières victimes ont été retrouvées.

L’Afrique du Sud a l’un des taux de violence sexiste les plus élevés au monde

En attendant de faire toute la lumière sur cette série de meurtres, la police exhorte les femmes de la région à éviter de marcher ou de courir seules, « en particulier dans les zones isolées ». Pour la Commission sud-africaine pour l’égalité des sexes, « ces décès montrent que les femmes en Afrique du Sud continuent de vivre dans des environnements où leur liberté de mouvement habituelle peut devenir une question de vie ou de mort ». Pour rappel, l’Afrique du Sud a l’un des taux de violence sexiste les plus élevés au monde. Le taux de féminicides y est cinq fois supérieur à la moyenne mondiale, d’après ONU Femmes. Il y a en moyenne 45 meurtres par jour dans ce pays de 62 millions d’habitants.

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