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États-Unis : Reflect Orbital veut produire de l’énergie solaire même la nuit

Face aux limitations des panneaux solaires, qui ne fonctionnent que pendant la journée, la startup Reflect Orbital veut produire de l’énergie solaire même la nuit. Pour cela, elle va envoyer dans l’espace de grands miroirs réfléchissants, afin de diriger les rayons du Soleil vers toute la Terre, à partir de sa seule surface éclairée. La société imagine pouvoir se servir de cette lumière pour éclairer les villes pendant la nuit, à la place des lampadaires, par exemple.

Pour une planète Terre engagée dans sa transition énergétique, le Soleil est la source d’énergie parfaite. Cette énorme boule de feu constitue une source d’énergie inépuisable, gratuite et propre. Pour l’exploiter, les humains utilisent des panneaux photovoltaïques. Mais ceux-ci ne fonctionnent que pendant la journée. C’est-à-dire dans les zones éclairées par le Soleil. Alors que fait-on des régions plongées dans le noir au rythme de la rotation de la Terre ?

Reflect Orbital va rendre l’énergie solaire disponible la nuit

Aux États-Unis, la startup Reflect Orbital ambitionne de mieux exploiter la plus ancienne source d’énergie de l’Humanité grâce à de grands « miroirs orbitaux » envoyés dans l’espace, pour orienter la lumière du Soleil et l’énergie solaire sur notre planète, même la nuit. Elle est installée à Hawthorne, dans le comté de Los Angeles, pas loin du siège social d’origine de SpaceX, l’entreprise spatial d’Elon Musk. Son histoire a commencé avec YouTube. Ben Nowack, l’un de ses deux fondateurs, postaient des vidéos de ses expériences scientifiques quand il était au lycée. Tristan Semmelhack, l’autre fondateur, avait repéré ces contenus et retenu son nom.

La startup fondée en 2021

Plus tard, Tristan Semmelhack s’est souvenu de Ben Nowack quand ils se sont retrouvés dans la même entreprise. Les deux hommes se sont rapprochés et ont développé ensemble ce projet. Ils ont lancé Reflect Orbital à l’automne 2021 et, en 2024, une de leurs vidéos a fait le buzz. Dans celle-ci, les deux ingénieurs ont testé le concept de leur miroir avec une montgolfière et ils ont réussi à orienter la lumière du Soleil vers une cible précise sur Terre. Comme quand on braque la lumière d’une lampe torche sur une zone non éclairée dans la nuit.

Les Russes y avaient déjà pensé dans les années 90

Cette vidéo a retenu l’attention d’un investisseur de la Silicon Valley, qui a permis aux inventeurs de lever plusieurs millions de dollars pour concrétiser leur projet. Cette technologie a des airs de science-fiction, mais elle a des précédents. En effet, en 1993, les Russes avaient conçu un satellite baptisé Znamya qui a projeté un faisceau de 5 km de large, aussi puissant qu’une pleine lune, sur une petite partie de l’Europe pendant quelques heures. En avril 2024, la Nasa a aussi lancé l’ACS3, un vaisseau spatial solaire, réfléchissant la lumière du Soleil pour générer une propulsion.

Reflect Orbital prévoit équiper une constellation de satellites de ces grands miroirs

Si Tristan Semmelhack et Ben Nowack se sont certainement inspirés des Russes, leur projet se veut plus concret. Ils ne souhaitent pas se limiter à un prototype ou un essai, mais ambitionnent de faire de leur entreprise la première à proposer effectivement des services aux habitants de la planète et à en tirer des profits. Pour atteindre cet objectif, l’équipe de 22 salariés conçoit de grands miroirs, de 50 mètres sur 50. Reflect Orbital prévoit équiper une constellation de satellites de ces grands miroirs pour les envoyer à 600 kilomètres d’altitude.

30 minutes de Soleil en plus dans la zone visée

Nowack et Semmelhack expliquent que le système est réactif, permettant des changements d’angle précis en quelques secondes, au gré de la rotation de la Terre. Aussi, la direction des rayons serait très précise pour aller exactement là où se trouvent les panneaux et les centrales solaires sur Terre. Si le dispositif permet d’ajouter 30 minutes de soleil à la zone visée, dans un rayon de 5 km, les fondateurs assurent qu’un anneau de 18 satellites pointés au même endroit pourrait éclairer une région plus large pendant une heure. D’ici à 2030, ils prévoient d’acquérir suffisamment de satellites en orbite pour fournir aux parcs solaires 200 watts d’énergie par mètre carré pendant les heures de pointe de la consommation.

Plusieurs applications possibles 

Ben Nowack et Tristan Semmelhack imaginent que les rayons de soleil projetés par leur constellation pourront remplacer les lampadaires au milieu de la nuit ou des zones privées d’électricité après une catastrophe naturelle. Ils croient que le dispositif réduira le prix de l’électricité. Les ingénieurs espèrent également vendre de l’éclairage à tous ceux qui ont besoin d’un peu plus de Soleil, comme les organisateurs de concerts et de festivals, les chantiers isolés, les pâturages et des cérémonies de mariage nocturnes. « Les applications de notre service couvrent presque tout ce qu’un individu peut faire pendant la journée », assure Nowack.

La technologie de Reflect Orbital suscite des inquiétudes

Reflect Orbital dit avoir commencé à recevoir les candidatures pour son service depuis l’automne dernier. L’entreprise aurait accepté 164 000 demandes provenant de 157 pays. Elle prévoit un tour du monde dans dix villes une fois les premiers satellites en vol. Le projet aurait également attiré l’attention de poids lourds de la Silicon Valley et des dirigeants des pays du Golfe. Mais cet ensoleillement à la demande suscite aussi des inquiétudes chez les écologistes. Ceux-ci redoutent notamment un risque de pollution lumineuse, de perturbation des rythmes de la faune et de la flore ou de dérangement de quartiers résidentiels la nuit, en cas de mauvaise orientation des rayons.

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