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Conseil de paix : la paix par la coercition et la guerre ?

Le président américain Donald Trump a lancé jeudi son fameux « Conseil de paix », cet organe concurrent de l’ONU censé résoudre les conflits mondiaux et promouvoir la stabilité. Mais, on doute fort des véritables intentions du président américain connaissant ses velléités impérialistes. On se demande si cette paix et cette prétendue stabilité ne seront pas acquises par la coercition ou la violence.

Ce que Donald Trump veut, Donald Trump l’aura. Deux semaines après l’avoir annoncé, le président américain a officiellement lancé ce jeudi son « Conseil de paix », une organisation censée résoudre les conflits mondiaux, promouvoir la stabilité et garantir une paix durable dans le monde. Comme à son habitude, l’actuel locataire de la Maison Blanche a promis que ce sera un instrument « formidable », avec lequel « nous pouvons faire de nombreuses autres choses »…

La charte du Conseil de paix signée par une vingtaine de pays

Signée au Forum Économique de Davos, en Suisse, par une vingtaine de dirigeants, la charte de son Conseil de paix prescrit que Donald Trump est le premier président de l’organe, dont les pouvoirs prévus sont très vastes. Elle indique également que le président américain est seul habilité à « inviter » d’autres chefs d’Etat et de gouvernement à intégrer le Conseil de paix. Le dirigeant républicain a en outre le pouvoir de révoquer leur participation, sauf en cas de veto par une majorité des deux tiers des Etats membres. Enfin, il a un droit de regard sur tous les votes. Mais qui osera le contrarier sous son mandat ?

« Nous pourrons faire à peu près tout ce que nous voulons »

Et puis tout ça sent l’arnaque. Donald Trump a fixé à 1 milliard de dollars le prix des sièges permanents de son Conseil de paix. Chaque État membre exercera un mandat d’une durée maximale de trois ans, renouvelable (sans surprise) par le président américain. Ce mandat de trois ans ne s’applique pas aux États membres permanents, ceux qui versent plus d’un milliard de dollars au comptant au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la charte. « Une fois ce Conseil complètement formé, a répété Trump, nous pourrons faire à peu près tout ce que nous voulons, et nous le ferons en coordination avec les Nations unies ».

Donald Trump hostile aux organisations internationales

On peut douter de cette dernière déclaration de la part d’un homme qui a toujours critiqué les Nations Unies, organisation jugée inefficace. Au-delà de l’ONU, Donald Trump opère une attaque en règle des institutions internationales, qui auraient « trop souvent échoué ». Il n’hésite donc pas à retirer les États-Unis de ces organisations, à la moindre occasion. Le 7 janvier, l’ex magnat de l’immobilier a signé un décret ordonnant le retrait de son pays de 66 organisations internationales qui « ne servent plus les intérêts américains ». Il a également sorti son pays de l’UNESCO, de l’OMS ainsi que de l’accord de Paris sur le climat.

Les grandes puissances dubitatives ou méfiantes à l’égard du Conseil de paix de Donald Trump

Invités par Donald Trump, plusieurs pays ou dirigeants n’ont pas hésité à rejoindre le Conseil de paix. Beaucoup n’avaient pas le choix. Une cinquantaine d’États auraient déjà adhéré à son organe. D’autres, plus puissants, disent y travailler comme la Russie. Tandis que les Européens refusent pour la plupart, soit pour éviter Vladimir Poutine, soit en contestation de la volonté de Trump d’annexer le Groenland. La France, en particulier, a rappelé son « attachement à la Charte des Nations unies », « clé de voûte d’un multilatéralisme efficace ». Donald Trump n’a pas apprécié le refus de Macron d’adhérer à son Conseil de paix. Il a menacé d’imposer des droits de douane de 200% sur le vin français.

Un Conseil de paix ou de la coercition ?

Au regard de la politique extérieure de Donald Trump, on peut légitimement s’interroger sur le sérieux de son Conseil de paix. Qu’entend—il par paix quand il n’hésite pas à Kidnapper un chef d’Etat sous prétexte de lutter contre le narcotrafic, et à menacer son pays d’invasion pour prendre le contrôle de son pétrole ? Que peut-on attendre d’un individu qui souhaite annexer le Groenland, châtier Cuba, punir l’Iran et donner une leçon à la Colombie ?

Connaissant ses méthodes, on s’attend à ce qu’il impose sa paix par la violence ou les sanctions commerciales. Ou peut-être, celui qui se targue d’avoir résolu huit conflits dans le monde (encore une de ses imaginations) a-t-il créé un Conseil de paix pour pouvoir obtenir le prix Nobel de la paix qu’il convoite tant ? Rien n’est sûr. Ce qui est sûr en revanche c’est ce que l’impertinent qui osera s’opposer à ses ambitions en subira toutes les conséquences.

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