La République démocratique du Congo (RDC) multiplie les démarches pour concrétiser son ambition numérique. Après avoir étudié l’expérience tunisienne en 2025, le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, s’est rendu cette semaine en Russie pour découvrir le centre d’innovation de Skolkovo. Cette visite s’inscrit dans la préparation d’un Technopark à Kinshasa, associé à un centre de données souverain, avec l’ambition de stimuler l’innovation locale, de favoriser la création d’emplois qualifiés et de renforcer la souveraineté numérique du pays.
Pour concrétiser son ambition numérique, notamment avec la construction du Technopark à Kinshasa, la République démocratique du Congo (RDC) va à toutes les écoles. Le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, était en déplacement à Moscou les 6 et 7 octobre 2026, à l’occasion du deuxième Forum numérique mondial, pour visiter le Centre d’innovation de Skolkovo, considéré comme la « Silicon Valley russe ». Ce site rassemble des startups, des entreprises technologiques, des centres de recherche et des infrastructures destinées au développement de solutions innovantes.
La RDC veut tirer des enseignements de l’organisation et de l’expertise de la « Silicon Valley russe »
Pour Kinshasa, l’objectif de cette visite est de tirer des enseignements de l’organisation et de l’expertise du Centre d’innovation de Skolkovo, afin de concevoir en RDC un environnement capable de rapprocher la recherche, l’entrepreneuriat et l’industrie. Cette démarche s’inscrit dans la vision des autorités congolaises de faire de leur pays une nation numérique à l’horizon 2030 et un pôle technologique majeur en Afrique centrale. Au cours de son voyage, Augustin Kibassa Maliba a notamment visité un studio spécialisé dans la capture et l’animation 3D. Il a pu constater les possibilités offertes par la mutualisation des infrastructures de pointe, souvent trop coûteuses pour être acquises individuellement par les jeunes entreprises.
La RDC prévoit de construire un Technopark à Kinshasa
Le voyage du ministre congolais en Russie doit profiter principalement au projet du futur Technopark à Kinshasa. Cet ambitieux parc technologique et écosystème d’innovation est envisagé dans la zone d’extension de la capitale, en même temps qu’un centre de données souverain. L’ambition est de fournir aux startups congolaises un cadre propice à la conception, au prototypage et à la commercialisation de solutions adaptées aux besoins du pays. Ce parc technologique proposera divers services : accompagnement des entrepreneurs, accès aux équipements spécialisés, formation, mise en relation avec des investisseurs et développement des compétences techniques.
La coopération avec la Russie ouvre des perspectives en matière de transfert de technologies
Le centre de données souverain doit, quant à lui, contribuer à la maîtrise et à la sécurisation des informations numériques. Toutefois, son efficacité dépendra de la capacité des équipes congolaises à administrer les installations, à assurer leur maintenance et à protéger les données. La coopération avec la Russie doit y contribuer, en ouvrant des perspectives en matière de transfert de technologies. Un accord avec l’entreprise russe Astra, annoncé en novembre 2025, porte notamment sur la gestion électronique des documents, le stockage sécurisé et la formation de spécialistes congolais. Depuis lors, plusieurs programmes ont été évoqués, atteignaient au moins 100 millions de dollars. Ce montant annoncé ne signifie pas nécessairement que les financements ont été intégralement mobilisés.
Augustin Kibassa Maliba avait déjà visité le Technopark de Tunis en avril 2025
La visite de Skolkovo prolonge une démarche engagée en Tunisie le 24 avril 2025. À cette occasion, Augustin Kibassa Maliba, alors ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, avait rencontré Rim Saied, dirigeante du Technopark de Tunis, pour étudier son fonctionnement et discuter du projet congolais. Les échanges ont notamment porté sur la construction d’un parc technologique à Kinshasa doté d’une école des télécommunications. Le ministre avait également visité des startups, le Centre d’études et de recherches des télécommunications de Tunis (CERT) et l’École supérieure des communications de Tunis (SUP’COM), afin de s’informer sur les solutions innovantes et les dispositifs de formation des ingénieurs.
S’inspirer des expériences tunisienne et russe pour construire un modèle adapté à la RDC
Cette mission en Tunisie s’inscrivait dans le renforcement de la coopération numérique entre Kinshasa et Tunis. Elle était intervenue après l’échec, en raison de la pandémie du Covid, d’un mémorandum d’entente signé en 2019 entre les ministères compétents. En explorant successivement les expériences tunisienne et russe, la RDC cherche à identifier les pratiques les mieux adaptées à ses réalités, plutôt qu’à reproduire intégralement un modèle étranger. Mais la concrétisation de cette ambition dépendra de plusieurs facteurs, notamment du financement, de la disponibilité de l’électricité, de la qualité de la connectivité et de la formation des talents locaux.





