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États-Unis : les accords d’expulsion vers l’Afrique posent question

Ces derniers mois, les États-Unis ont multiplié des accords d’expulsion de migrants avec des pays africains, dont la RDC, l’Ouganda et le Ghana. Ils y envoient régulièrement des dizaines de personnes ayant tenté de rentrer illégalement sur le territoire américain. Les organisations des droits de l’homme dénoncent des procédures opaques, compromettant la démocratie et les intérêts des États africains.

Lors de la campagne électorale d’octobre 2024, Donald Trump a promis de « fermer les frontières » des États-Unis et de procéder à des expulsions massives. Il a expliqué qu’il s’agissait d’une question de sécurité, face aux narcotrafiquants et autres délinquants venus d’Amérique latine. Pour éloigner les migrants du sol américain, le dirigeant républicain a signé des accords d’expulsion avec plusieurs pays africains, afin d’y envoyer par dizaines des candidats au rêve américain.

Une dizaine de pays africains ont accepté d’accueillir les migrants expulsés des États-Unis

Les Etats-Unis ont passé des accords d’expulsion avec une dizaine de pays africains, dont la République démocratique du Congo (RDC), l’Eswatini, la Sierra Leone, le Ghana, l’Ouganda et le Rwanda. Sur cette base, Washington a envoyé, le 18 avril dernier, 15 Latino-américains à Kinshasa, en RDC, où sévit le virus Ebola actuellement. Ces pauvres migrants n’ont appris leur destination que quelques heures avant leur départ et ont voyagé menottés. Toujours en avril, l’administration Trump a expulsé 12 personnes vers l’Ouganda. En janvier et février 2026 déjà, elle avait déporté au Cameroun 17 personnes « non expulsables ». Il n’y avait pas que des Sud-américains, mais aussi des demandeurs d’asile et des apatrides originaires d’Afrique et du Moyen-Orient.

Certains pays africains refusent de participer à cette déportation

On peut en outre évoquer le renvoi, le mercredi 20 mai, de 25 migrants à Freetown, en Sierra Leone. C’est officiellement la dernière expulsion en date vers l’Afrique. Si des pays comme la Sierra Leone et le Ghana accueille uniquement des personnes originaires d’Afrique de l’ouest, d’autres acceptent de recevoir toutes les nationalités, dont des Afghans et des Cubains, qui se sentent totalement dépaysés. En revanche, des États comme le Burkina Faso et le Nigeria ont refusé ce transfert de migrants, affirmant qu’ils avaient déjà « suffisamment de problèmes ». Ils ont également dénoncé la décision des États-Unis de suspendre la délivrance de visas et d’appliquer des droits de douanes, en représailles à leur refus. Abuja parle de « chantage ».

Suspension de visas et hausse des droits de douanes en cas de refus d’accueillir des migrants expulsés des États-Unis

Les États-Unis mettent en effet la pression sur les pays africains pour accueillir les migrants expulsés de leur territoire en brandissant la menace de suspendre les visas ou d’augmenter les droits de douanes. Ils jouent aussi sur les sanctions, comme avec la Guinée équatoriale, qui a accepté de recevoir des migrants en échange d’une levée temporaire des mesures visant son vice-président, Teodorín Nguema Obiang. Washington utilise en outre le levier financier pour convaincre les dirigeants africains. Plus de 32 millions de dollars de fonds publics américains auraient déjà été envoyés à cinq gouvernements, dont ceux du Rwanda et de l’Eswatini.

Des accords d’expulsion reposant probablement sur un critère racial

Human Rights Watch et Amnesty International dénoncent le transfert extrarégional de migrants pour décourager les candidats à l’exil et à une meilleure vie. Les ONG estiment que cette politique migratoire enfreint de manière flagrante le droit international, en expulsant des personnes vers des pays avec lesquels elles n’ont aucun lien, sans préavis ni droit de recours. Elles s’inquiètent en particulier pour les Afghans ayant travaillé avec l’armée américaine et qui se retrouvent aujourd’hui menacés par les Talibans au pouvoir à Kaboul. Les défenseurs des droits sont d’autant offusqués par ce système que Donald Trump accorde dans le même temps des visas aux Sud-Africains blanc (Afrikaners). Un racisme sous-jacent à la Maison Blanche ?

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