Une semaine après que la CAF a déclaré le Maroc vainqueur de la CAN 2026 sur tapis vert, le Sénégal a déposé mercredi un recours auprès du Tribunal arbitral du Sport (TAS) pour revenir sur cette décision inédite et scandaleuse. Dernière étape légale, l’instance judiciaire basée en Suisse a confirmé l’ouverture d’une procédure ce même jour. Elle promet de trancher définitivement dans cette affaire, sans donner de date précise.
Huit jours après le séisme provoqué par la décision du jury d’appel de la CAF d’accorder au Maroc une victoire sur tapis vert contre le Sénégal en finale de la CAN 2026, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a déposé mercredi un appel devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Dans un communiqué publié ce même jour, le TAS a confirmé avoir reçu le recours et avoir ouvert une procédure officielle.
La FSF exige de proclamer le Sénégal vainqueur de la CAN 2026
Dans son appel, la FSF exige l’annulation pure et simple de la décision prise par la CAF le 17 mars 2026, la proclamation du Sénégal vainqueur de la CAN 2026, et la suspension immédiate du délai de dépôt du mémoire d’appel jusqu’à la notification des motifs complets de la décision de l’instance africaine. Ce délai de dépôt court sur 20 jours, pour remettre les différents éléments au TAS. La demande de report est motivée par le fait que la fédération ne dispose actuellement que du verdict du jury d’appel de la CAF sur la finale de la CAN et n’a pas encore eu la notification des « motifs complets de la décision ».
La finale de la CAN 2026 entachée de décisions contestables
Lors de la finale de la CAN 2026, jouée à Rabat le 18 janvier, plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse pour protester contre un penalty accordé au Maroc, sur une faute très légère, dans le temps additionnel de la seconde période. Juste avant, l’arbitre avait refusé un but aux Lions de la Teranga, sans même avoir consulté le VAR.
Après un quart d’heure de confusion et de chaos, même dans les tribunes, les joueurs sénégalais rentrés aux vestiaires étaient revenus sur le terrain sur appel de leur capitaine Sadio Mané. L’ailier marocain Brahim Diaz avait ensuite manqué son penalty sur une panenka ratée. Durant la prolongation, Pape Gueye avait marqué un superbe but pour donner la victoire au Sénégal.
Depuis le début, tout le monde soupçonne la CAF de vouloir donner la CAN 2026 au Maroc
En ordonnant la reprise du jeu, l’arbitre validait l’issue de la rencontre. De plus, les officiels de la CAF ont accepté d’organiser la cérémonie de récompense, remettant médailles et trophée aux Sénégalais. Pourquoi donc cette mascarade si c’était pour ensuite contester cette victoire ? On ne comprend d’ailleurs pas pourquoi l’instance africaine de football a attendu deux mois pour se prononcer.
Tout se passe comme si elle cherchait une parade pour attribuer le trophée au Maroc sur tapis vert. La CAF a beau brandir les articles de son règlement, elle ne convainc personne. Depuis le début, tout le monde la soupçonne de vouloir donner la coupe aux Lions de l’Atlas qui courent après le trophée depuis plus de 50 ans. Les sanctions de février suffisaient amplement, surtout quand on sait que le Maroc n’est pas exempt de reproches, avec notamment l’affaire des serviettes volées.
La CAF vit ses pires années sous Patrice Motsepe
C’est logiquement que la FSF accuse l’organisation de corruption. Son président Abdoulaye Fall a déclaré que le Sénégal a été victime « du braquage administratif le plus grossier de l’histoire de notre sport ». Pour tous les experts du football africain, c’est une véritable honte pour le continent. L’ancien sélectionneur de l’équipe du Sénégal, Lamine Diaye, en vient même à regretter l’ère de l’ancien président de la CAF, le Camerounais Issa Hayatou.
« Depuis qu’Issa Hatayou n’est plus là, c’est n’importe quoi », a-t-il déploré. Et l’actuel entraîneur de l’USM d’Alger n’a pas tort. Depuis le retrait du Camerounais, le football africain est régulièrement entaché de soupçons de corruption. Patrice Motsepe et Gianni Infantino passent désormais pour des chefs d’un cartel.
Le TAS pourrait prendre plusieurs mois avant de rendre son verdict
Pour obtenir justice, le Sénégal s’est entouré d’une équipe d’avocats internationaux. Parmi eux se trouvent Me Juan de Dios Crespo Pérez et Me Seydou Diagne. Ce dernier pense qu’après « ce que le Maroc a fait faire à la CAF par surprise ou malice, si le TAS laisse faire, la prochaine Coupe du monde se jouera en cabinets d’avocats de Paris ou des États-Unis ». Suite à l’appel de la FSF, le TAS devrait désormais examiner l’affaire.
Conformément à son règlement, les deux parties (Maroc et Sénégal) disposeront chacune de 20 jours pour présenter leurs arguments et leurs défenses. Pour l’heure, aucune date d’audience n’a été fixée. La procédure pourrait prendre plusieurs mois. Mais nous pensons que le Maroc devrait refuser ce trophée de la honte, ou au pire des cas demander une reprise de la finale, s’il a encore un peu de dignité.





