Plus d’une semaine après la finale polémique de la CAN 2025, la commission de discipline de la Confédération Africaine de Football (CAF) a rendu ses décisions sur les incidents survenus lors de cette rencontre. Comme pour repartir équitablement les responsabilités, elle a infligé des sanctions à la fois au Sénégal et au Maroc. Si les Sénégalais peuvent se satisfaire des sanctions à leur encontre, les Marocains, eux, estiment que la CAF a été trop clémente envers les Lions de la Téranga. Ils sont déçus d’autant que le retrait du titre au Sénégal, leur principal réclamation, n’a pas été pris en compte.
Le mercredi 28 janvier, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF) a rendu ses décisions sur les incidents ayant entaché la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 au Maroc. Cette finale a eu lieu le 18 janvier à Rabat et s’est terminée par la victoire du Sénégal (1-0, a.p). Elle a été émaillé d’actes antisportifs graves comme l’entrée des joueurs sénégalais dans les vestiaires pour protester contre un penalty généreux accordé au Maroc dans la dernière minute du temps réglementaire, le vol des serviettes du gardien sénégalais par les stadiers marocains et l’usage de lasers dans les tribunes.
Le Sénégal logiquement sanctionné pour son attitude lors de la finale de la CAN
Après avoir analysé les rapports détaillés des arbitres, ceux des commissaires de match, ainsi que sur des images vidéo de la rencontre, la commission de discipline de la CAF a préféré renvoyer les protagonistes dos à dos. En effet, elle a sanctionné à la fois les Lions de la Téranga et les Lions de l’Atlas.
Côté sénégalais, le jury disciplinaire a décidé de suspendre le sélectionneur Pape Bouna Thiaw pour cinq (5) matches officiels de la CAF, pour comportement antisportif, violation des principes de fair-play et d’intégrité, et atteinte à l’image du football, ainsi que de lui infliger une amende de 100 000 USD. C’est le coach qui avait demandé à ses joueurs de quitter la pelouse, avant que le capitaine Sadio Mane les appelle à revenir.
Le 12e Gaindé également puni
La commission de discipline a également décidé de suspendre Iliman Ndiaye pour deux (2) matches officiels de la CAF, pour comportement antisportif envers l’arbitre. Même sanction pour son coéquipier Ismaïla Sarr et pour le même motif. En outre, la CAF inflige à la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) une amende de 300 000 USD pour le comportement inapproprié de ses supporters (le 12e Gaindé), ayant porté atteinte à l’image du football. Ceux-ci étaient descendus des tribunes pour contester le penalty accordé au Maroc.
Enfin, la CAF impose à la FSF une amende supplémentaire de 300 000 USD pour le comportement antisportif de ses joueurs et de son encadrement technique, en violation des principes de fair-play, de loyauté et d’intégrité ; ainsi qu’une amende de 15 000 USD pour faute disciplinaire de l’équipe nationale, cinq (5) joueurs ayant reçu des avertissements.
Le Maroc n’échappe pas aux sanctions
Contre le Maroc, la commission de discipline de la CAF a décidé de suspendre le capitaine Achraf Hakimi pour deux (2) matches officiels de la CAF, dont un (1) match avec sursis pendant une durée d’un (1) an pour comportement antisportif. Son coéquipier Ismaël Saibari prend trois (3) matches de suspension pour le même motif et une amende de 100 000 USD. Ces deux joueurs marocains avaient tenté eux aussi de retirer la serviette du gardien sénégalais Édouard Mendy, alors que cette action revient à l’arbitre. Ils soupçonnaient la serviette d’être un gris-gris….
Le jury disciplinaire de la CAF inflige aussi à la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) une amende de 200 000 USD pour le comportement inapproprié des ramasseurs de balles du stade ; une amende de 100 000 USD pour le comportement inapproprié des joueurs de l’équipe nationale et de l’encadrement technique, ayant envahi la zone d’examen de la VAR et entravé le travail de l’arbitre, en violation des articles 82 et 83 du Code disciplinaire de la CAF ; ainsi qu’une amende de 15 000 USD pour l’utilisation de lasers par ses supporters lors du match.
La CAF rejette la réclamation de la FRMF sur la fin de la finale de la CAN
Le jury disciplinaire de la CAF précise que les sanctions sont immédiatement exécutoires, même en cas d’appel. Il a rejeté la réclamation introduite par la FRMF, relative à des violations alléguées par la FSF des articles 82 et 84 du règlement de la Coupe d’Afrique des Nations, en lien avec la finale de cette 35e édition.
Ces articles recommandent notamment de siffler la fin d’un match en cas de retrait des joueurs du terrain sans l’autorisation de l’arbitre. Mais le maître du jeu ne l’a pas fait lors de cette finale. Il ne pouvait visiblement pas le faire car plusieurs jours sénégalais sont restés sur la pelouse. D’ailleurs, l’atmosphère de cette finale le défendait… Appliquer les règles, c’est aussi prendre en compte le contexte, après une série de décisions arbitrales douteuses.
La CAN se gagne sur le terrain, pas dans les couloirs de la CAF
Après la publication des sanctions de la CAF, les médias marocains ont dénoncé (sans surprise) l’attitude « clémente » de l’organisation. Selon eux, ces décisions n’apaisent pas, mais soulèvent déjà une vague d’incompréhension, tant elles apparaissent déséquilibrées dans la lecture des responsabilités. « Dans les faits, la philosophie du verdict interroge : indulgence manifeste envers les principaux acteurs du chaos côté sénégalais, rigueur extrême à l’encontre du Maroc, pays hôte » peste le quotidien le360.
Le média enrage surtout contre le fait que la CAF n’ait pas tranché sur le point le plus grave : le refus de reprendre le jeu. Pour faire simple, les Marocains espéraient que la Confédération retirerait le titre au Sénégal pour l’attribuer sur tapis vert aux Lions de l’Atlas. Ce qui n’est pas sérieux. Même si le pays attend un deuxième trophée depuis 50 ans, ce n’est pas une raison pour braquer cette CAN en utilisant une interprétation tordue du règlement. La CAN se gagne sur le terrain.





