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Réchauffement climatique : des scientifiques « fous » veulent refroidir la Terre avec la géo-ingénierie

Alors que les dirigeants mondiaux s’inquiètent des effets du réchauffement climatique, une startup propose d’utiliser la géo-ingénierie pour refroidir la Terre. Dès le premier trimestre 2026, elle prévoit même de tester sa technologie, une poudre censée réfléchir la lumière du soleil en étant pulvérisée dans la stratosphère. Ce projet inquiète beaucoup car ses conséquences sont encore mal connues. Il pourrait menacer le climat même ainsi que la biodiversité, tout en servant d’arme de déstabilisation pour certains pays.

Le réchauffement climatique, qui s’accélère ces dernières années, représente aujourd’hui l’une des plus grandes préoccupations des dirigeants mondiaux et de la communauté scientifique. En effet, il menace la vie sur Terre, par la hausse des températures, la sécheresse et la montée des eaux. Dans les années à venir, le phénomène devrait s’accentuer si nous ne prenons pas les mesures nécessaires. Actuellement, on ne peut compter que sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre, l’utilisation d’énergies renouvelables et les initiatives vertes comme la réduction de notre consommation d’énergie. Mais ces actions paraissent limitées.

La géo-ingénierie pour refroidir la Terre

Alors que les scientifiques se creusent encore la tête pour trouver une solution durable et plus efficace, une startup américano-israélienne propose une solution radicale : utiliser la géo-ingénierie pour refroidir la Terre. Notons que la géo-ingénierie ne relève pas du complotisme comme certains le prétendaient il y a encore quelques décennies. Cette technologie existe bel et bien. Elle permet notamment de faire tomber la pluie dans les zones arides en ensemençant les nuages (en répandant des substances chimiques dans le ciel). Des pays arides comme les Emirats Arabes Unis ont régulièrement recours à cette innovation controversée.

Stardust Solutions a conçu une poudre spéciale

La société américano-israélienne dont on parle s’appelle Stardust Solutions. Elle a mis au point une technologie qui implique la dispersion de particules dans l’atmosphère pour réduire l’impact du rayonnement solaire. Les particules projetées réfléchissent la lumière du soleil de la même manière que les débris volcaniques peuvent temporairement refroidir la Planète. Dans une interview à Politico, le PDG de Stardust Solutions, Yanai Yedvab, assure que cette « poudre est inerte, ne s’accumulerait ni dans le corps humain ni dans les écosystèmes, et ne peut ni endommager la couche d’ozone ni provoquer de pluies acides, contrairement aux particules riches en soufre issues des volcans ».

Plusieurs milliardaires auraient participé au financement de la startup

Stardust Solutions dit avoir déjà réuni 75 millions de dollars pour mener à terme son gigantesque projet de refroidissement artificiel de la Terre. Plusieurs milliardaires auraient participé au financement, parmi lesquels des entrepreneurs de la Silicon Valley et la famille Agnelli, une dynastie italienne présente dans le domaine de l’industrie et principale actionnaire de Stellantis, du constructeur automobile Ferrari mais aussi du club de football italien Juventus. Stardust Solutions prévoit de mener des tests en plein air en Israël à partir d’avril 2026. La startup envisage de libérer ses particules depuis un avion à près de 18 kilomètres d’altitude. Dans cette perspective, elle a déposé des brevets auprès de gouvernements pour protéger ses innovations et obtenir des contrats ainsi que des autorisations.

La géo-ingénierie contrevient à de nombreux droits humains

Cette idée d’épandre des substances dans la stratosphère pour refroidir la Terre suscite des interrogations et des inquiétudes dans le monde scientifique et militant. Dans un communiqué de presse, le Center for International Environmental Law (Ciel), le centre pour la loi environnementale internationale, rappelle que « le déploiement de la géo-ingénierie solaire est encadré par diverses normes et principes du droit international et interdit par un moratoire de longue date de la Convention sur la diversité biologique ». L’organisme note également que cette technologie « contrevient à de nombreux droits humains, notamment le droit à un environnement sain et durable, le droit à la vie, les droits des générations futures et les droits collectifs et inhérents des peuples autochtones ».

La géo-ingénierie créerait des gagnants et des perdants

Selon le Ciel, « Stardust et ses investisseurs accélèrent une course inconsidérée qui risque d’entraîner l’humanité dans une dépendance perpétuelle à cette technologie extrême, sans possibilité de retour ». L’institut considère en outre que le déploiement de la géo-ingénierie « créerait des gagnants et des perdants, bafouant les droits de milliards de personnes et soulevant la question cruciale de la maîtrise du climat mondial ». Par ailleurs, ajoute-t-il, les grandes puissances pourraient s’en servir pour déstabiliser les autres pays, sans en mesurer les conséquences désastreuses pour toute la Terre.

Toute la communauté scientifique est d’accord sur ce sujet. Face aux dangers que représente cette technologie, plus de 60 climatologues et spécialistes de la gouvernance de haut niveau ont appelé en janvier 2022 à un accord international de non-utilisation de la géo-ingénierie solaire. Depuis, le nombre de signataires a été multiplié par 10. Mais cela suffira-t-il à arrêter ceux qui projettent d’utiliser cette science du non-retour ?

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