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Gabon : l’Etat s’engage contre la vie chère

Au Gabon, le gouvernement a annoncé lundi la suspension des droits et taxes sur une centaine de produits, dont des denrées de première nécessité (riz, farine, huile, sucre, lait en poudre, conserves de poisson) et des matériaux du secteur du BTP (ciment, barres à béton et tôles métalliques). Cette mesure vise à atténuer la pression de la vie chère qui pèse sur les ménages. Mais elle n’est qu’un volet d’un dispositif plus large dont la pièce maîtresse reste la Centrale d’achat du Gabon (CEAG).

Le lundi 23 février, le gouvernement gabonais a rendu publique la nouvelle mercuriale, un tableau officiel portant les prix courants des denrées vendues sur les marchés. Cette publication matérialise la suspension, pour une durée de six mois, de certains droits et taxes sur des produits importés. Objectif : contenir la flambée des prix et préserver le pouvoir d’achat des ménages. Cette mesure suscite beaucoup d’espoir chez des Gabonais exaspérés par la vie chère qui les étouffe depuis plusieurs mois.

Des prix de denrées plus supportables pour améliorer le pouvoir d’achat au Gabon

La liste publiée par le gouvernement comprend 105 produits répartis en plusieurs catégories essentielles à la vie quotidienne et à l’activité économique. On y retrouve des denrées de grande consommation comme le riz, la farine, l’huile, le sucre, le lait en poudre, les pâtes alimentaires, la viande, la volaille et les conserves de poisson. Ces produits sont considérés comme prioritaires pour réduire les tensions sur les budgets familiaux.

Le catalogue intègre aussi des matériaux du secteur du bâtiment et des travaux publics, tels que le ciment, les barres de fer à béton, les tôles métalliques, le contreplaqué, les carreaux de céramique ou encore certaines peintures et équipements de plomberie. Ces intrants, indispensables à la construction de logements et d’infrastructures, pèsent fortement sur les coûts de réalisation et le prix des logements.

Les grandes surfaces respectent la grille des prix

En suspendant les droits et taxes pour six mois, l’Etat gabonais espère garantir une meilleure accessibilité aux produits de première nécessité et soutenir des secteurs clés comme le bâtiment et les travaux publics. Si ce plafonnement représente une bonne nouvelle pour les citoyens et les entreprises du BTP, il faut cependant en assurer l’application entière.

Ce rôle revient à la Direction générale de la Concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui doit aller sur le terrain afin de veiller au strict respect des prix. Selon les premiers témoignages, la mercuriale est largement respectée. Les supermarchés et les hypermarchés de Libreville, notamment, affichent les nouveaux prix. Toutefois, quelques commerces de proximité font encore de la résistance. Mais un passage de la DGCCRF devrait les convaincre de s’exécuter.

Une Centrale d’achat du Gabon pour accompagner la mercuriale

Si la mercuriale constitue une bouffée d’oxygène, la plupart des Gabonais estiment que des actions complémentaires seront nécessaires pour consolider le pouvoir d’achat dans la durée. Le gouvernement y a déjà réfléchi. La suspension des prix n’est qu’un volet d’un dispositif élargi dont la pièce maîtresse reste la Centrale d’achat du Gabon (CEAG).

Société d’économie mixte détenue par l’État (37%) et des opérateurs privés nationaux de la distribution (63%), la CEAG a pour rôle de court-circuiter les intermédiaires, de mutualiser les achats à l’international et de peser sur les prix à la consommation. Les citoyens attendent les trois premiers mois de son fonctionnement pour juger de son efficacité.

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