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Médias : la VOA autorisée à reprendre pleinement ses activités

Une victoire pour Voice of America (VOA) face à l’administration Trump. Un juge fédéral aux Etats-Unis a ordonné la reprise de toutes les activités de la radio publique américaine et la réintégration de plus d’un millier de collaborateurs. Ces derniers avaient été virés ou suspendus en 2025 dans le cadre d’une restructuration radicale de l’Agence américaine pour les médias mondiaux (USAGM) initiée par la Maison Blanche.

Une gifle à Donald Trump. Un juge fédéral vient d’annuler la quasi-totalité des mesures prises par l’Agence américaine pour les médias mondiaux (USAGM) sous les ordres de la Maison Blanche pour fermer Voice of America (VOA). Cet organisme de presse financé par le gouvernement américain diffuse dans de nombreux pays, où la liberté d’expression est restreinte, notamment en Iran, en Chine, en Russie et dans les Etats africains.

La VOA victime des coupes budgétaires de l’administration Trump

En mars et juin 2025, l’USAGM, organisme de tutelle de la VOA, avait réduit l’agence à seulement 68 postes, démantelant de fait la plupart de ses opérations. Au moins 1 042 personnes ont été placées en congé indéfini et plusieurs services en langues étrangères ont été suspendus. Ces décisions ont été prises dans un contexte de réduction massive des dépenses publiques par l’administration Trump, via le DOGE (Department of Government Efficiency), une structure gouvernementale éphémère (active entre janvier et novembre 2025) dirigée alors par Elon Musk.

L’intégralité des activités devaient reprendre ce lundi 23 mars

Le juge Royce C. Lamberth a ordonné à l’USAGM de réintégrer les plus de 1 000 employés et de reprendre l’intégralité de ses activités avant le lundi 23 mars. Il a également exigé de présenter un plan visant à relancer les émissions à l’international, à l’exception d’une production limitée diffusée dans des langues telles que le farsi. Ces demandes font suite à deux poursuites judiciaires connexes, l’une intentée par l’actuel directeur de VOA, Michael Abramowitz, et l’autre par un groupe d’employés.

Le juge s’en est pris à l’ex directrice de VOA

Dans son jugement, Royce Lamberth a également taclé une fois de plus Kari Lake, une ancienne présentatrice républicaine, parachutée à la tête de l’USAGM, après l’élection de Donald Trump. Cette dame avait été chargée par le président américain de supprimer les radios internationales financées par le gouvernement fédéral.

Selon le magistrat, elle a agi de « mauvaise foi ». M. Lamberth avait déjà estimé, dans un avis rendu une semaine plus tôt, que la nomination de Kari Lake n’avait pas respecté les procédures légales et qu’elle avait occupé la fonction de présidente sans raison valable pendant plusieurs mois. Cette entorse aurait rendu caducs tous les licenciements et les suspensions prononcés pendant son mandat.

« Voice of America n’a jamais été aussi nécessaire »

Dans un communiqué, Michael Abramowitz s’est réjoui du jugement. Voice of America, dit-il, « n’a jamais été aussi nécessaire ». Patsy Widakuswara, Jessica Jerreat et Kate Neeper, trois plaignantes du groupe de presse, ont qualifié la décision de « monumentale » et ont déclaré qu’elles étaient prêtes à reconstruire l’organisation et à restaurer son audience mondiale.

Le gouvernement américain a annoncé qu’il comptait faire appel de la décision du juge Royce Lamberth selon laquelle la nomination de Kari Lake était illégale. Après que le magistrat a invalidé la nomination de Mme Lake, Donald Trump a choisi une fonctionnaire du département d’État, Sarah B. Rogers, à la tête de l’USAGM. Mais il faudra attendre la confirmation du Sénat pour qu’elle prenne fonction.

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