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Longévité : le secret des supercentenaires enfin percé ?

Alors que l’espérance de vie moyenne se situe aujourd’hui autour de 75 ans, certaines personnes vivent plus de 110 ans. On les appelle les supercentenaires. Si les statisticiens attribuent cette longévité à l’hygiène et à la qualité de vie, la science s’est toujours demandée quel était le facteur biologique à l’origine de cet « état grâce ». Des chercheurs des universités d’Osaka et Keio, au Japon, pensent avoir trouvé la réponse : le système immunitaire.

Processus biologique inéluctable, le vieillissement touchera la plupart d’entre nous avant que la mort ne survienne (à moins que la science ne trouve un jour un remède miracle contre cette fatalité). Aujourd’hui, la mort frappe généralement avant 100 ans. Mais il y a de rares personnes dans le monde qui dépassent cet âge et même les 110 ans, tout en étant en bonne santé. Ces privilégies de la vie sont appelés les supercentenaires.

Le secret des supercentenaires pourrait se trouver dans leur système immunitaire

Si l’hygiène et le niveau de vie peuvent participer à cette longévité, il y a encore des zones d’ombre que la science veut éclairer. Qu’est-ce qui, dans l’organisme des supercentenaires, leur permet de vivre aussi longtemps ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre des chercheurs des universités japonaises d’Osaka et Keio, à travers une étude dont les résultats ont été publiés le 19 août 2026 dans Cell Reports. Leurs travaux suggèrent que le secret des supercentenaires se trouvent dans leur système immunitaire. Ce que d’autres études soupçonnaient déjà. Mais les scientifiques japonais ont identifié précisément les cellules qui pourraient être à l’œuvre dans le ralentissement de la vieillesse.

17,6 % des supercentenaires possèdent des lymphocytes T cytotoxiques CD4

Il s’agit des lymphocytes T cytotoxiques CD4, ou CTL CD4. Ces cellules tueuses combinent deux fonctions habituellement distinctes : la coordination de la réponse immunitaire de l’organisme face à une infection et l’élimination des cellules pathogènes (bactéries, virus, cellules cancéreuses, etc.). Les supercentenaires possèdent dans leur sang ce type rare de globule blanc en quantité cinq fois supérieure à celle des septuagénaires. D’après l’étude publiée dans Cell Reports, les CTL CD4 ne représentait qu’environ 4 % de l’ensemble des cellules T chez la plupart des septuagénaires et les octogénaires. Cette proportion monte à 10 % chez les centenaires et atteint 17,6 % chez les supercentenaires, soit quatre fois la valeur du premier groupe.

7% des supercentenaires japonais ont participé à l’étude

Pour établir ces chiffres, les chercheurs japonais ont analysé des prélèvements sanguins de 28 adultes répartis en trois catégories. Le premier groupe comprenait huit individus âgés de 70 à 99 ans et le deuxième dix centenaires. Quant au troisième groupe, il se composait de dix supercentenaires, soit près de 7% de la population de supercentenaires du Japon (150 individus). Dans un premier temps, les scientifiques ont analysé des échantillons sanguins (plus de 40 000 cellules immunitaires) afin d’établir des profils immunitaires unicellulaires. Ils ont observé une augmentation des lymphocytes T cytotoxiques avec l’âge. Ces cellules commencent à se multiplier aux alentours de 100 ans.

Les lymphocytes T cytotoxiques CD4 produisent des copies identiques d’eux-mêmes pour renforcer la défense immunitaire

Les chercheurs ont également constaté que certaines cellules T se clonaient lorsqu’elles rencontrent une menace récurrente. En effet, les lymphocytes T cytotoxiques CD4 produisent des copies identiques d’eux-mêmes pour renforcer la défense immunitaire. Le plus remarquable, c’est qu’ils le font sans montrer de signe d’épuisement après plus d’un siècle de vie.

Selon les auteurs de l’étude, aucun autre type de cellule T ne conserve une telle vigueur à un âge aussi avancé. « Ensemble, ces résultats suggèrent que cette augmentation n’est pas simplement une conséquence passive du vieillissement, mais pourrait refléter une réponse adaptative à des antigènes persistants », explique Kosuke Hashimoto, biologiste à l’Université d’Osaka au Japon et auteur principal de l’étude.

Vers une stimulation artificielle de la production des CTL CD4 chez des sujets plus jeunes ?

Les chercheurs japonais soulignent toutefois que cette recherche ne prouve pas que les lymphocytes T cytotoxiques CD4 sont la cause directe de la longévité chez les supercentenaires. Cependant, elle offrirait une image plus claire de la façon dont le système immunitaire s’adapte chez ces personnages. Les auteurs de l’étude souhaitent désormais comprendre pourquoi ces cellules T se multiplient chez certains individus et quelles cibles précises elles attaquent. Selon eux, la réponse à ces deux questions pourrait ouvrir la voie à une stimulation artificielle de la production des CTL CD4 chez des sujets plus jeunes pour améliorer leur espérance de vie.

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