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Vaccins : l’OMS s’inquiète de la posture de l’administration Trump

Dans la droite ligne de sa bataille contre la science et la médecine, Donald Trump a signé lundi un décret visant les vaccins. L’ordonnance appelle à espacer leur administration aux enfants, sur fond de suspicion d’un lien entre l’injection de ces produits et l’autisme. L’OMS s’inquiète de cette nouvelle offensive alors que les Etats-Unis connaissent leur pire épidémie de rougeole depuis 35 ans.

La nouvelle administration américaine continue de s’attaquer à la science et à la médecine officielles. Donald Trump a signé lundi un décret recommandant aux Etats américains de diminuer le nombre de vaccins administrés en pédiatrie. Il a également appelé à dissocier leur injection, les vaccins contre la rougeole, la rubéole et les oreillons étant jusqu’à présent administrés en une seule fois. Le dirigeant républicain a en outre répété que les vaccins pédiatriques pourraient être responsables du développement de troubles autistiques.

Donald Trump suspecte les vaccins de causer l’autisme

« Il y a des décennies, les enfants ne recevaient qu’une petite fraction des vaccins demandés aujourd’hui. À l’époque, les gens étaient en bien meilleure santé et, bien sûr, le taux élevé d’autisme que nous voyons aujourd’hui n’existait pas », a expliqué l’actuelle locataire de la Maison Blanche. Ce n’est pas la première fois que Donald Trump remet en doute les bienfaits des vaccins. Depuis plusieurs années il critique ces médicaments préventifs, y voyant à la fois des risques pour la santé et une atteinte aux libertés individuelles. Ce n’est pas pour rien qu’il a nommé Robert F. Kennedy Jr. au ministère de la Santé. Le neveu de l’illustre président américain assassiné le 22 novembre 1963 est un antivaccin notoire.

« Toute politique en matière de vaccination doit reposer sur un examen rigoureux, indépendant et transparent des meilleures données scientifiques disponibles »

Les nouvelles recommandations de Donald Trump ont évidemment renforcé les inquiétudes des autorités de la santé. En premier lieu l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a alerté mercredi contre des mesures dangereuses. « La politique en matière de vaccination doit reposer sur un examen rigoureux, indépendant et transparent des meilleures données scientifiques disponibles, et non sur des influences politiques », a souligné le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le haut fonctionnaire éthiopien a également rappelé que les récents données scientifiques « indiquent les périodes où les enfants sont les plus vulnérables aux maladies, les moments où les vaccins offrent la meilleure protection, le nombre de doses nécessaires ainsi que les vaccins pouvant être administrés simultanément en toute sécurité ».

Aucun lien entre vaccination et autisme, selon l’OMS

Tedros Adhanom Ghebreyesus prévient que « retarder la vaccination ou espacer inutilement les doses ne rend pas la vaccination plus sûre et peut laisser les enfants sans protection ». Il confirme en outre que « les preuves actuelles sont sans équivoque : les vaccins – y compris le vaccin ROR [rougeole, oreillons, rubéole] – sont sûrs et ne causent pas l’autisme ». Rappelons que l’OMS a déjà affirmé à plusieurs reprises qu’il n’y aucun lien entre la vaccination et ce trouble neurodéveloppemental. Pourtant, le président américain et son ministre de la Santé continuent de suggérer (voire soutenir) le contraire.

Une défiance face aux vaccins alors que certaines maladies font leur retour aux Etats-Unis

Cette nouvelle offensive de Donald Trump contre les vaccins intervient alors même que les Etats-Unis font face au retour de maladies qui avaient fortement reculé grâce aux campagnes de vaccination. C’est le cas de la rougeole, qui connaît sa pire épidémie depuis 35 ans.

Si Donald Trump et Robert F. Kennedy Jr. sont des complotistes dans l’âme, il faut noter que de nombreux Américains se méfient aussi de plus en plus de la science officielle à cause des conflits d’intérêts et du lobbying de la big pharma. Certains parents refusent ainsi de faire vacciner leurs enfants pour des raisons de sécurité (peur des effets secondaires), par manque de confiance dans les autorités sanitaires, mais aussi pour leurs opinions religieuses.

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