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Documents déclassifiés sur les ovnis : le Pentagone a-t-il étanché la curiosité du public ?

A la demande de Donald Trump, le Pentagone a mis en ligne vendredi plus de 160 documents classés secret-défense sur les ovnis et panis. Si ces publications ont pour but de lever un coin de voile sur les phénomènes présumés extraterrestres, elles risquent d’augmenter davantage les théories du complot. Car parmi ces fichiers, on ne trouve rien de vraiment instructif.

Comme promis par Donald Trump en février dernier, le ministère de la Défense américain a publié, le vendredi 8 mai, 161 documents déclassifiés sur les « objets volants non identifiés » (ovnis) et les « phénomènes anormaux non identifiés » (panis). Il s’agit précisément de 119 fichiers PDF, 28 vidéos et 14 images. Jusqu’ici tenus secrets pour la plupart (certains étant déjà connus), ces archives ont été mis en ligne sur une page internet dédiée, AARO (All-domain Anomaly Resolution Office) accessible via le lien AARO.mil (ou via War.gov/UFO).

Des ovnis sous la forme classique de soucoupes volantes

Les documents publiés proviennent de sources diverses, du Pentagone, du FBI, de la Nasa ou encore du département d’Etat américain. Ce sont des rapports militaires et des témoignages d’agents fédéraux, parfois récents. Il y a notamment un rapport datant de 1948, rédigé par des aviateurs américains en poste aux Pays-Bas, faisant état d’observations répétées de soucoupes volantes. Des pilotes suédois ont rapporté les mêmes faits et estimé qu’ils ne relevaient d’aucune civilisation actuellement connue sur Terre.

On retrouve également dans le lot un télégramme du département d’État envoyé par l’ambassade des États-Unis au Tadjikistan en 1994. Il décrit un pani brillant aperçu par un pilote tadjik et trois Américains survolant le Kazakhstan à bord d’un avion à réaction. Cet objet effectuait des virages à 90 degrés, des vrilles et des manœuvres en cercles à très grande vitesse.

Une photographie prise lors de la mission Apollo 17 refait surface

Le Pentagone a en outre publié un document rapportant les témoignages de plusieurs équipes de policiers fédéraux prétendant avoir vu des « orbes orange » lançant eux-mêmes de plus petits « orbes rouges » dans le ciel. L’un des orbes a été comparé à une version sans pupille de « l’œil de Sauron », le méchant du Seigneur des anneaux, représenté sous la forme d’un immense œil de feu flottant dans les airs. Enfin, une image déjà connue du public, une photographie prise lors de la mission Apollo 17 en 1972, montre trois points lumineux disposés en triangle dans le ciel lunaire. Le Pentagone n’a toujours pas apporté d’explication à cette observation.

Ces publications ne lèvent pas le mystère sur les ovnis

Le ministère de la Défense américain a accompagné ces archives par une mise en garde. Celle-ci indique qu’aucun élément de la description ne doit être interprété par le lecteur comme reflétant un jugement analytique, une conclusion d’enquête ou une détermination factuelle concernant la validité, la nature ou l’importance de l’événement décrit. En d’autres mots, l’internaute doit se démener pour trouver sa propre vérité.

On n’avance donc pas avec cette initiative, à moins d’être un expert en décryptage. Ce que ne sont pas la plupart des gens. Et puis, l’administration Trump avait promis de la transparence, mais elle n’a publié que des documents caviardés. C’est-à-dire des documents modifiés pour protéger l’identité des témoins oculaires, l’emplacement des installations gouvernementales ou des informations potentiellement sensibles concernant des bases militaires.

Donald Trump veut peut-être alimenter la curiosité des Américains

Si le site AARO peut faire évoluer le débat sur l’accès aux documents classés top secret, il ne fera visiblement pas progresser celui sur l’existence ou non des extraterrestres. Il n’y a rien dans ces fichiers qui permet de lever un coin de voile sur les phénomènes extraterrestres. On sait déjà qu’il existe des technologies militaires top secret et que les témoins oculaires prennent souvent pour des ovnis des appareils banals comme des ballons météorologiques, des satellites et des avions furtifs.

C’est au Pentagone d’apporter des explications claires grâce à ses spécialistes. Sinon, en balançant des documents en ligne sans éclaircissement, il ne fera qu’augmenter davantage les conjectures, les théories du complot et la pseudoscience de salon. Ou peut-être que Donald Trump voulait simplement nourrir la curiosité des Américains obnubilés par les extraterrestres depuis l’affaire de Roswell en 1947 ?

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