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IA : le Burkina Faso adopte sa feuille de route pour 2026-2030

C’est fait. Le Burkina Faso a validé, mercredi 17 juin, sa feuille de route sur l’intelligence artificielle pour la période 2026-2030. Élaborée avec l’aide des universités locales, des acteurs du privé et des partenaires techniques, cette stratégie nationale de l’IA prévoit le développement d’applications dans des secteurs clés comme la santé, l’agriculture, l’éducation, l’eau, l’énergie et l’administration publique. Elle s’inscrit dans le cadre du plan RELANCE 2026-2030 et du chantier gouvernemental « IA pour tous ».

La course à l’intelligence artificielle (IA) fait rage dans le monde entier. La Chine et les Etats-Unis mènent la danse, challengés par l’Europe. Si elle doit encore garantir le minimum existentiel à ses populations, l’Afrique ne veut pas rester au bord du chemin. Et elle a raison. Cette technologie promet de révolutionner quasiment tous les domaines, de l’industrie à l’agriculture, en passant par l’éducation et la santé. Pour le continent, une adoption réussie de l’IA pourrait booster le PIB de plus de deux points d’ici 2030 selon la BAD.

Le Burkina Faso lance sa feuille de route de l’IA

Dès lors, tous les pays africains se lancent dans l’adoption de cette technologie. Après le Kenya, la Côte d’Ivoire et le Rwanda notamment, le Burkina Faso a lancé, le mercredi 17 juin, sa feuille de route sur l’intelligence artificielle pour la période 2026-2030. Ce document a été rédigé à l’issue d’un atelier national tenu à l’Université virtuelle du Burkina Faso, avec l’aide d’administrateurs, d’universitaires, d’acteurs du privé et de partenaires techniques. Il doit servir de cadre de référence pour le développement de solutions adaptées aux priorités du pays, dans des secteurs clés comme la santé, l’agriculture, l’éducation ou encore l’administration publique.

Le Burkina Faso veut mettre l’IA au service des réalités locales et des besoins de ses citoyens

« L’objectif n’est pas de suivre une simple tendance mondiale, mais de mettre l’intelligence artificielle au service du développement national et de l’efficacité de l’action publique », a souligné le secrétaire général de la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Dr Borlli Michel Jonas Somé. Celui-ci présidait la cérémonie de présentation de la feuille de route à Ouagadougou, en l’absence de la ministre, Dr Aminata Zerbo-Sabané. « Notre vision stratégique est de faire de l’intelligence artificielle un outil au service des réalités et des besoins du Burkina Faso, dans le respect de nos priorités, de nos valeurs et de notre souveraineté. », a-t-il ajouté.

Des solutions pratiques destinées aux agricultures et aux élèves

La stratégie nationale d’IA du Burkina Faso identifie plusieurs domaines prioritaires dans lesquels des applications basées sur cette technologie devraient être développées au cours des prochaines années. Elle prévoit notamment des outils d’aide au diagnostic médical, des solutions destinées à accompagner les agriculteurs grâce aux prévisions météorologiques, ainsi que des dispositifs pédagogiques adaptés aux réalités locales pour les élèves et étudiants. Le document évoque également le développement d’applications dans les secteurs de l’eau et de l’énergie, afin de faciliter la remontée d’informations par les citoyens et d’améliorer la gestion des services publics.

Le Burkina Faso quête sa souveraineté technologique

Pour le Burkina Faso, cette feuille de route sur l’IA constitue une étape déterminante vers l’émergence d’une économie numérique innovante, capable de répondre aux défis du développement local tout en préservant les intérêts stratégiques et la souveraineté technologique du pays. Alors que 85% des solutions IA utilisées en Afrique sont conçues par des acteurs occidentaux et chinois, le Burkina Faso refuse d’être un simple consommateur de technologies étrangères. Il souhaite s’approprier cette innovation et la tropicaliser.

De nombreux défis à relever avant de pouvoir profiter des bénéfices de l’IA

La feuille de route IA du Burkina Faso s’inscrit dans le cadre du Plan RELANCE 2026-2030 et du chantier gouvernemental « IA pour tous », présenté comme l’un des principaux axes de la transformation numérique nationale. Elle permettra au pays de rejoindre la liste des Etats africains ayant déjà lancé une stratégie dédiée à l’intelligence artificielle. Mais tous ces pays africains doivent relever plusieurs défis pour ne pas que leurs plans IA restent des vœux pieux. Il leur faudra notamment assurer la formation des talents locaux, sécuriser les données sensibles et surtout trouver les financements nécessaires pour la construction d’infrastructures critiques.

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