La BAD a présenté fin février un plan de 10 milliards de dollars (8,5 milliards d’euros) pour accélérer le développement de l’IA en Afrique. Ce projet doit permettre la création d’au moins 40 millions d’emplois pour les jeunes et les femmes d’ici 2035 grâce à des investissements ciblés dans l’entrepreneuriat technologique, les infrastructures numériques et les écosystèmes de données régionales.
Vulgarisée auprès du grand public depuis le lancement de ChatGPT en 2022, l’intelligence artificielle est présentée comme la technologie qui va permettre à l’Humanité de faire des bonds prodigieux dans presque tous les domaines de la vie : médecine, agriculture, conquête spatiale, éducation, technologie, industrie, économie, etc. Au niveau de l’économie, en particulier, les experts prédisent un gain de productivité énorme pour toute la planète et peut-être un nouvel âge d’or.
La BAD prédit que l’IA pourrait générer jusqu’à 1 000 milliards de dollars de PIB supplémentaire d’ici à 2035
En Afrique, une étude de la Banque africaine de développement (BAD) publiée en décembre 2025 révèle qu’un déploiement inclusif de l’IA pourrait générer jusqu’à 1 000 milliards de dollars de PIB supplémentaire d’ici à 2035, soit près d’un tiers de la production économique actuelle du continent. Selon l’institution financière, cette potentielle hausse de la richesse reposera sur les capacités numériques croissantes de l’Afrique, une démographie favorable et des réformes sectorielles en cours. Elle devrait faire de l’Afrique l’une des régions les plus prometteuses au monde pour la croissance tirée par cette technologie.
L’IA pourrait créer jusqu’à 40 millions d’emplois en Afrique d’ici dix ans
Pour concrétiser cette projection, la BAD et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ainsi que des partenaires privés ont lancé, le 23 février 2026, un plan de financement de l’IA. Baptisée « AI 10 Billion Initiative », ce programme vise à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars (environ 8,5 milliards d’euros) d’ici 2035 pour soutenir une adoption responsable de cette innovation et créer jusqu’à 40 millions d’emplois en Afrique. Un objectif rassurant au moment où divers rapports annoncent que l’intelligence artificielle va détruire la plupart des emplois existants.
Un financement par emprunt pour réduire le risque pour les investisseurs
La BAD précise que la création des 40 millions d’emplois se fera grâce à des investissements ciblés dans l’entrepreneuriat technologique, les infrastructures numériques, les écosystèmes de données régionales, l’élaboration de cadres réglementaires et la montée en compétences des travailleurs. L’organisation indique également que le programme débutera par des projets pilotes validant la faisabilité technologique et économique de solutions concrètes. En outre, le financement sera mixte et par emprunt, pour réduire le risque pour les investisseurs et attirer des capitaux privés à grande échelle.
L’Afrique n’est encore qu’un simple marché de consommation technologique
La BAD insiste sur le fait que la mobilisation des fonds, prévue sur dix ans, exigera une coordination efficace entre États, bailleurs de fonds, banques de développement et investisseurs privés. Elle prévient par ailleurs qu’il faudra éviter les écueils habituels, dont la faiblesse des infrastructures électriques et numériques, la fragmentation des marchés, les cadres réglementaires encore inégaux selon les pays, la pénurie de talents spécialisés et les crises géopolitiques. Si l’initiative aboutit, croit la banque, l’Afrique pourrait devenir un espace majeur de production, d’innovation et d’emplois dans l’économie de l’intelligence artificielle. Pour l’heure, elle n’est qu’un simple marché de consommation technologique.




