Société

Amadou Thiam (ex-ADP-Maliba) : l’inexorable chute d’un ambitieux trop pressé

C’est l’histoire de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf… À trop présumer de ses forces et de son influence politique réelle, Amadou Thiam est en train de tout perdre. Exclu du parti qu’il dirigeait, très fragilisé au sein d’un gouvernement d’ouverture auquel il n’apporte plus de plus-value, l’ancien président d’ADP-Maliba risque de payer ses errements et son ambition débordante.

Il est peu dire qu’Aliou Boubacar Diallo, le fondateur et véritable patron d’ADP-Maliba, avait confiance en Amadou Thiam. Malgré son jeune âge, et justement pour démontrer son désir de laisser de la place aux nouvelles générations, il lui avait octroyé la présidence d’ADP-Maliba, la troisième force parlementaire du pays, et désormais considéré comme le principal parti d’opposition au président Ibrahim Boubacar Keïta.

En échange de cette confiance, Aliou Diallo espérait sans doute d’avantage de fidélité de la part d’une jeune pousse politique qui lui devait tout. Hélas, certains ambitieux perdent le sens de la réalité quand ils s’approchent trop près du pouvoir. C’est exactement la situation qu’a connue Amadou Thiam.

Dragué avec insistance par le pouvoir, Amadou Thiam a confondu vitesse et précipitation. Il a pensé qu’en franchissant le Rubicond et en rejoignant, à titre individuel, le régime en place, il pourrait faire bouger les lignes au sein d’ADP-Maliba et entrainer le parti derrière lui. Il s’agissait évidemment d’une chimère, tant ADP-Maliba est indissociable de son fondateur (et accessoirement argentier), Aliou Diallo.

Nommé au gouvernement, Amadou Thiam a vu le piège, dans lequel il s’était mis lui-même, se refermer. ADP-Maliba l’a exclu aussi sec, et le parti s’est réorganisé au cours d’un Congrès qui s’est tenu fin mai. IBK, et son Premier ministre Boubou Cissé, ont très rapidement pris acte de l’échec du putsch d’Amadou Thiam.

Le pouvoir a repris contact directement avec Aliou Diallo dans le cadre des négociations dans le cadre du grand dialogue national, réglant de fait toute question de leadership au sein d’ADP-Maliba. En reconnaissant qu’ADP-Maliba se place toujours résolument dans l’opposition, IBK désavoue par le même coup Amadou Thiam, et ne lui reconnait plus aucun poids politique.

C’est là le dernier effet attendu de la chute de l’ancien président d’ADP-Maliba. Exclu de son parti, il se retrouve aujourd’hui, seulement quelques jours après sa nomination, fortement fragilisé au sein d’un gouvernement, qui cherche déjà à lui montrer la porte. Ou comment un ambitieux, qui avait tout à gagner en attendant son tour, a gâché sa carrière politique.

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