CultureEtats unisUne

Grammy Awards : le Dalaï Lama chante à l’âme

La 68e cérémonie des Grammy Awards s’est déroulée dimanche soir à Los Angeles. Le Dalaï Lama a été primé au cours de cette soirée, tout comme Bad Bunny, Kendrick Lamar et Lady Gaga. Sauf que le chef spirituel de la communauté tibétaine n’est pas un artiste. Il n’a pas été primé pour une chanson, mais pour un livre audio enseignant l’art d’être heureux avec soi-même. Avec les présidents américains Barack Obama et Bill Clinton, il fait partie des personnalités en dehors de la sphère musicale à avoir gagné un Grammy.

La 68e cérémonie des Grammy Awards a eu lieu le dimanche 1er février au soir à Los Angeles. Elle a sacré les artistes nominés dans plusieurs catégories, dont Bad Bunny qui a reçu le prix de l’album la l’année pour Debi Tirar Mas Fotos. C’est la première fois qu’un disque en langue espagnole reçoit ce trophée. De son côté, Kendrick Lamar a remporté le prix de la chanson de l’année pour « Luther » en duo avec Sza. Il a également remporté le prix de l’album de rap de l’année pour « GNX », faisant de lui le rappeur le plus titré avec 27 Grammy devant Jay-Z (25). Quant à Lady Gaga, elle a obtenu le prix de l’album vocal pop pour « Mayhem ».

Un livre audio rassemblant ses enseignements quotidiens et toute sa sagesse

Lors de la 68e édition des Grammy Awards, le Dalaï Lama a également reçu un prix, alors qu’il n’a jamais enregistré une chanson. En fait, le moine bouddhiste s’est vu décerner une récompense pour son livre audio Méditations : Réflexions de Sa Sainteté le Dalaï Lama. Disponible sur les plateformes musicales, ce projet a été réalisé avec la participation de la chanteuse pop féministe Maggie Rogers et du compositeur américain Rufus Wainwright, qui a reçu le trophée au nom du lauréat.

Dans « Méditations : Réflexions de Sa Sainteté le Dalaï-Lama », le chef spirituel tibétain rassemble ses enseignements quotidiens et toute sa sagesse. Il enseigne notamment que le bonheur ne dépend d’aucun objet extérieur, mais uniquement de notre propre développement mental. Le religieux y prône aussi la Compassion (Bodhicitta), le cœur de sa pratique, la définissant comme un sentiment puissant et surtout comme une responsabilité universelle envers tous les êtres vivants.

Le Dalaï Lama ne reçoit pas ce prix comme « un honneur personnel »

« Je reçois cette distinction avec gratitude et humilité », a écrit le Dalaï-Lama sur les réseaux sociaux après la cérémonie des Grammy Awards. Il dit ne pas considérer cette récompense « comme un honneur personnel, mais comme une reconnaissance de notre responsabilité universelle commune », à nous tous qui composons l’humanité. « Je crois vraiment que la paix, la compassion, le souci de notre environnement et la compréhension de l’unité de l’humanité sont essentiels au bien-être collectif des huit milliards d’êtres humains », a-t-il ajouté dans son message. Dans sa catégorie, le Dalaï-Lama a été désigné face à l’avocate et juriste Ketanji Brown Jackson pour son livre « Lovely One : A Memoir » et Trevor Noah (le présentateur de cette cérémonie des Grammy) pour « Into the Uncut Grass ».

D’autres personnalités non artistiques déjà primées

Le Dalaï Lama n’est pas la première personnalité en dehors de la sphère musicale à recevoir un Grammy Awards. En 2025, l’ex-président américain Jimmy Carter a remporté un trophée à titre posthume pour la version audio d’un recueil de ses discours. Barack Obama et Bill Clinton, deux autres anciens locataires de la Maison Blanche, ont également reçu une récompense. Le premier a été primé deux fois (en 2006 et 2008) et le second une fois en 2004, au titre de meilleur album parlé. On peut également citer l’essayiste Michelle Obama (2020 et 2024), les actrices Julie Andrews et Whoopi Goldberg ou encore la journaliste Rachel Maddow. D’autres célébrités ont quant à elles été nominées. C’est le cas de l’acteur Morgan Freeman et de la romancière et prix Nobel de littérature Toni Morrison.

La Chine proteste contre le Grammy donné au Dalaï Lama

Sans surprise, Pékin n’a pas apprécié le Grammy Awards remis au Dalaï Lama. « Comme chacun le sait, le 14e Dalaï Lama n’est pas qu’une simple personnalité religieuse, mais un exilé politique qui, sous couvert de religion, se livre à des activités séparatistes hostiles à la Chine », a réagi lundi Lin Jian, un porte-parole de la diplomatie chinoise, lors d’un point de presse. « Nous nous opposons fermement à l’instrumentalisation […] d’un prix artistique à des fins de manipulation politique dirigée contre la Chine », a-t-il ajouté. La Chine considère en effet le moine bouddhiste comme le leader du séparatisme tibétain. Sa proximité avec l’Occident ne plaide pas en sa faveur…

Le Dalaï Lama a reçu le prix Nobel de la paix en 1989

De son vrai nom Tenzin Gyatso (né en 1935), le Dalaï Lama actuel est le 14e chef spirituel du bouddhisme tibétain. Il n’avait que deux ans quand il fut intronisé et 23 ans lorsqu’il a fui Lhassa, la capitale tibétaine. Il craignait pour sa vie après l’écrasement d’un soulèvement par les troupes chinoises en 1959. Le chef spirituel n’y est jamais retourné, et vit depuis en Inde.

En 2011, la 14e réincarnation de Boudha avait affirmé renoncer à tout rôle politique si un gouvernement élu prenait la tête du Tibet, aujourd’hui partie intégrante de la Chine. Mais il ne faut pas compter sur Pékin pour cela. Notons que le Dalaï Lama a reçu le prix Nobel de la paix en 1989. Aujourd’hui âgé de 90 ans, il assure avoir encore de nombreuses années à vivre et à passer à la tête de sa communauté. Le chef spirituel tibétain a déclaré qu’un successeur serait désigné à sa mort, comme le veut la règle. Mais sans que les autorités chinoises n’y soient associées, une position condamnée par celles-ci.

Autres articles à voir

Bouton retour en haut de la page