Des chercheurs de l’Université Griffith, en Australie, annoncent être proches de concevoir un nouveau vaccin pour prévenir le chikungunya, une menace sanitaire mondiale qui s’attaque aux tissus articulaires humains. Dans des tests menés en laboratoire, le traitement a déclenché une réaction dans l’organisme, incitant le système immunitaire à mettre en place une réponse antivirale. La prochaine étape consistera à mener un essai clinique au cours duquel les patients testeront la sécurité du vaccin avant de se soumettre à des essais d’efficacité.
Le chikungunya est une maladie tropicale transmise par le moustique Aedes, largement répandu dans les Amériques, en Afrique et en Asie du Sud-Est. Elle se caractérise par des douleurs articulaires qui persistent pendant des mois, voire plusieurs années, affectant durablement la qualité de vie du malade. Les premiers symptômes sont la fièvre, des frissons et des maux de tête. Ensuite apparaissent de graves douleurs articulaires suivies d’éruptions cutanées et d’un gonflement des articulations. S’il n’est pas traité, le chikungunya peut entraîner la mort, mais rarement (environ 1 décès sur 1 000 cas).
Un diagnostic et une surveillance difficiles du chikungunya
Des obstacles se dressent dans la lutte contre le chikungunya, notamment la difficulté à évaluer sa charge réelle à l’échelle mondiale. Comme ses symptômes ressemblent à ceux de la dengue ou du Zika, le diagnostic et l’estimation précise du nombre de personnes infectées s’avèrent compliqués. De plus, la surveillance insuffisante du virus dans de nombreux pays empêche de savoir clairement où il circule. Ce qui freine l’élaboration de dossiers d’investissement solides. Dans ce contexte, la recherche d’un moyen de prévention efficace représente un défi majeur.
Des scientifiques australiens proches d’élaborer un vaccin
Mais des chercheurs de l’Université Griffith, en Australie, ont annoncé récemment être proches de mettre au point un vaccin contre le chikungunya. Dans une étude publiée dans la revue Biomaterials, ils indiquent avoir adopté une approche innovante pour élaborer les briques de ce vaccin préventif. Plutôt que d’utiliser des virus atténués ou inactivés, l’équipe a créé des particules synthétiques imitant parfaitement l’aspect du chikungunya. Ces cellules sans induction de la maladie servent d’appât pour déclencher le système immunitaire, qui croit avoir affaire au virus. C’est une méthode sûre, puisqu’elle ne nécessite pas l’emploi du vrai virus (vivant, atténué ou des fragments viraux).
L’organisme apprend à identifier le virus et se prépare à combattre une future infection réelle
Pour fabriquer ces leurres, les scientifiques australiens ont modifié génétiquement des bactéries E. coli pour les transformer en de petites usines biologiques. Ces bactéries intestinales modifiées ont ensuite produit des particules de biopolymère synthétiques portant à leur surface des antigènes du chikungunya, notamment les protéines E2 et E1 sans adjuvant. Celles-ci imitaient fidèlement le virus pour déclencher une réponse immunitaire robuste. Grâce à cette manœuvre, le système de défense de l’organisme apprend à identifier le chikungunya et se prépare à combattre une future infection réelle.
Des essais cliniques attendus pour tester l’efficacité réelle du vaccin
Selon le professeur Bernd Rehm, de l’Université Griffith, les essais précliniques ont montré que cette approche induisait une protection immunitaire encourageante, ouvrant la voie à des tests chez l’humain. Ces essais cliniques permettront d’évaluer la sûreté de la formulation chez des volontaires humains, avant de tester l’efficacité réelle du vaccin qui doit prévenir l’infection. Les auteurs espèrent fournir un outil puissant pour limiter les épidémies, notamment dans les régions tropicales et subtropicales où les moustiques vecteurs prolifèrent.
Le chikungunya peut désormais se propager en Europe
Une étude récente, publiée dans The Guardian, indique toutefois que le chikungunya peut désormais se transmettre dans la plupart des pays européens. La température minimale à laquelle l’infection se produit serait plus basse de 2,5 °C, sans doute à cause du changement climatique. Elle se situe maintenant entre 13 et 14 °C, contre 16 à 18 °C dans les précédentes estimations. Jusqu’alors, la grande majorité des cas européens de chikungunya étaient importés. Mais, avec la baisse de la température de propagation, on pourrait bientôt enregistrer des cas locaux.





