D’après un récent rapport de la BAD, le Maroc est devenu en 2025 le pays le plus industrialisé d’Afrique, détrônant l’Afrique du Sud. Le royaume chérifien profite certes du recul sud-africain, mais il doit aussi sa place à une stratégie politique pro-industrie lancée il y a vingt ans. La Banque africaine de développement justifie cette place par des investissements publics et étrangers en hausse, des zones industrielles en plein essor et des infrastructures toujours plus connectées, en particulier avec le port de Tanger Med, aujourd’hui premier port africain.
En 2025, le Maroc a ravi à l’Afrique du Sud le rang de pays le plus industrialisé d’Afrique. C’est ce qu’indique un rapport de la Banque africaine de développement (BAD), publié le dimanche 24 mai. Dressé avec l’appui de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), le classement couvre la période 2010-2024. Il s’appuie sur 19 indicateurs qui s’inscrivent dans un cadre analytique multidimensionnel, combinant des indicateurs de performance industrielle avec des déterminants directs et indirects comme le développement des infrastructures, la taille du marché, l’environnement des affaires, la sécurité et Etat de droit.
Une note de 0,8415 pour le Maroc
La BAD attribue au Maroc un score de 0,8415 point sur son indice d’industrialisation. Le royaume chérifien double l’Afrique du Sud, qui affiche un score de 0,8396 point. Suivent l’Egypte (0,7827 point), la Tunisie (0,7760 point), Maurice (0,6731), l’Algérie (0,6661), l’Eswatini (0,6509), le Sénégal (0,6368), la Namibie (0,6295) et la Côte d’Ivoire (0,6173 points), qui ferme le Top 10. Dans son rapport, la BAD repose le rang du Maroc sur sa stratégie politique pro-industrie lancée il y a vingt ans. Celle-ci a permis une hausse des investissements publics et étrangers, un plein essor des zones industrielles et une plus grande connexion des infrastructures, en particulier avec le port de Tanger Med, aujourd’hui premier port africain.
Le Maroc a su résister à toutes sortes de crises
La BAD relève que le modèle marocain a su résister aux changements de gouvernement, aux chocs extérieurs et à la perturbation du COVID. Cette politique a surtout été épargné par des cycles électoraux violents ou chaotiques (c’est un royaume).
Ces conditions favorables ont permis le développement d’une base manufacturière en deux décennies. L’automobile est passée ainsi de presque zéro à près d’un million d’unités par an, l’aérospatiale d’une industrie artisanale à un secteur d’exportation de 2,87 milliards de dollars, et les produits chimiques dérivés du phosphate alimentent désormais les marchés mondiaux de l’engrais.
La progression globale reste faible par rapport au défi à relever
Avec 41 pays ayant amélioré leurs scores en matière d’industrialisation entre 2010 et 2024, l’Afrique a globalement progressé sur ce point. La BAD note toutefois que la progression de la plupart des Etats reste modeste par rapport à l’ampleur du défi que représente l’industrialisation du continent.
En effet, l’Afrique continue de représenter moins de 2 % de la production manufacturière mondiale, et seulement 1,4 % des exportations mondiales de produits manufacturés. Aussi, le commerce intra-africain ne représente que 14,4 % du commerce total du continent. Pour améliorer ces chiffres, la BAD juge nécessaire d’impulser une énergie fiable, des infrastructures plus solides, des compétences techniques, des financements et une intégration régionale plus poussée dans le cadre de la zone de libre-échange continentale (ZLECAf).





