SociétéTechUne

Ghana : des radars automatiques déployés sur les routes

Le Ghana a lancé dimanche dernier le déploiement de radars automatiques sur plusieurs routes, afin de sanctionner les excès de vitesse et réduire les accidents de la circulation. Ces appareils sont capables de détecter les infractions et d’adresser directement des amendes électroniques aux automobilistes. Mais leur installation suscite des contestations, certains conducteurs et syndicats estimant que les autorités devraient d’abord remédier aux insuffisances des infrastructures routières.

Le Ghana veut en finir avec les violations du code de la route. Le 1er novembre 2026, le pays a lancé le déploiement d’un système automatisé de contrôle routier destiné à sanctionner les excès de vitesse et à réduire la mortalité routière. Baptisé TraffiTech-GH, le dispositif a été mis en œuvre par le Département de la circulation et des transports (MTTD) de la police ghanéenne. Il vise en priorité les principaux axes routiers du territoire, alors que les excès de vitesse sur ces derniers sont à l’origine d’une grande partie des accidents de la circulation.

Les radars automatiques déployés dans huit premières villes du Ghana

Le système TraffiTech-GH combine des caméras fixes, des radars laser et des équipements mobiles installés notamment dans des véhicules de police et sur des trépieds. Son déploiement a déjà lieu dans huit villes réparties entre sept régions : Accra et Tema, dans le Grand Accra, Kumasi (Ashanti), Takoradi (Ouest), Sunyani (Bono), Tamale (Nord), Koforidua (Est) et Ho (Volta). Les grands axes interurbains peuvent également faire l’objet de contrôles mobiles, y compris dans les régions où aucune installation fixe n’a été rapportée.

Les radars automatiques fonctionnent sur les routes où les panneaux indiquant les limitations de vitesse sont clairement visibles

L’utilisation des caméras est soumise à des conditions de signalisation. Selon le directeur général de l’Autorité nationale de sécurité routière (NRSA), Abraham Amaliba, les radars ne fonctionnent initialement que sur les routes où les panneaux indiquant les limitations de vitesse sont clairement visibles. Les conducteurs ne doivent donc pas être sanctionnés lorsque l’État n’a pas installé la signalisation nécessaire.

Pour pallier cette insuffisance, le président John Dramani Mahama a ordonné l’installation de panneaux informatifs annonçant la présence des caméras. Un ingénieur routier a été engagé pour intégrer des symboles de radars à la signalisation existante. Ces panneaux d’avertissement ne constituent cependant pas une condition juridique préalable à la verbalisation.

« Si c’est trop cher, ne roulez pas trop vite », affirme le président ghanéen

Les automobilistes pris en infraction reçoivent une notification électronique par SMS adressée au propriétaire du véhicule. Ils disposent alors de 14 jours pour régler leur amende par mobile money ou carte bancaire, ou contester la sanction sur le portail des services publics, avec des justificatifs. Des comités et des bureaux de réclamation, notamment à Accra et Tema, doivent examiner les contestations. Le montant précis des amendes n’a pas été communiqué.

Mais la police met en garde contre les faux messages de paiement. Quant au président Mahama, il invite les conducteurs à respecter les limitations, rappelant que la vitesse maximale en ville est de 50 km/h. « Si c’est trop cher, ne roulez pas trop vite », a-t-il déclaré, estimant que les automobilistes respectueux du code n’ont rien à craindre.

Une politique qui sanctionne les conducteurs sans que l’État assume pleinement ses propres responsabilités

Cette fermeté ne convainc toutefois pas tous les acteurs du transport. Des automobilistes et des syndicats dénoncent une politique qui sanctionnerait les conducteurs sans que l’État assume pleinement ses propres responsabilités. Ils pointent notamment le mauvais état de certaines routes, les feux tricolores défectueux, le manque de marquages au sol et l’absence de panneaux de signalisation. Certains transporteurs ont même menacé de suspendre leurs activités pour protester contre le dispositif. Les critiques soulèvent par ailleurs une question plus large sur les priorités des pouvoirs publics dans un pays confronté à d’importants besoins d’infrastructures.

Les moyens consacrés aux radars automatiques devraient servir à améliorer les infrastructures routières du Ghana

Pour les contestataires, les moyens consacrés à la surveillance et à la verbalisation devraient aussi servir à réparer les routes, sécuriser les passages piétons, aménager les arrêts de bus et améliorer l’éclairage public. Ils estiment qu’il est difficile d’exiger une discipline stricte des automobilistes lorsque les conditions matérielles permettant de respecter les règles ne sont pas toujours réunies. Le journaliste d’investigation Manasseh Azure Awuni rappelle ainsi que le conducteur a des responsabilités, mais que l’État a également des devoirs.

Autres articles à voir

Bouton retour en haut de la page