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Afrique du Sud : AskMandla structure l’emploi domestique via WhatsApp

En Afrique du Sud, où près de 80 % de l’emploi domestique reste informel, la startup AskMandla apporte une solution digitale pour structurer le secteur. Lancée le 1er mai 2025, elle permet aux ménages employeurs de gérer contrats, fiches de paie, déclarations administratives et suivi salarial directement depuis l’application. La plateforme souhaite intégrer 1,6 million d’employés domestiques et leurs patrons dans l’économie formelle.

L’Afrique du Sud compte actuellement environ 1,6 million de travailleurs domestiques, dont 80 % évoluent dans l’informel. Ce qui signifie qu’ils n’ont pas accès à un contrat écrit, à un bulletin de paie et à une couverture sociale. Pour les employeurs à domicile animés de bonne foi, il est impératif de régler le problème. Mais ce n’est pas facile pour eux car il leur faut gérer les démarches administratives, qui exigent des connaissances juridiques que la plupart ne possèdent pas. Par ailleurs, les services de comptabilité ou de ressources humaines sont onéreux. En dépit de ces obstacles, les ménages doivent se conformer aux règles pour éviter les sanctions des inspecteurs du travail.

La mise en conformité légale aussi simple qu’un échange de messages électroniques

AskMandla, une start-up sud-africaine de solutions numériques, leur vient en aide. Lancée le 1er mai 2025, à l’occasion de la fête du travail, elle propose de rendre la mise en conformité légale aussi simple qu’un échange de messages électroniques. L’entreprise permet aux ménages employeurs de gérer contrats, fiches de paie, déclarations administratives et suivi salarial directement depuis l’application.

Cette appli s’inspire de Shesha-LawZA, une plateforme de droit du travail domestique qui fournissait aux employeurs et aux travailleurs des contrats et des conseils juridiques via une application mobile. Si son cadre juridique était bon, cette organisation manquait largement sa cible : les travailleurs domestiques ne se rendent pas sur les plateformes web standards.

AskMandla s’appuie sur WhatsApp, une appli populaire en Afrique du Sud

« Les travailleurs domestiques ne passent pas leur temps devant un bureau. Ils vivent sur WhatsApp », explique Ean Barnard, responsable de la croissance chez AskMandla. L’entreprise a donc eu l’idée de passer par l’appli de Meta, très populaire chez les Sud-africains, même chez ceux qui n’y connaissent rien au digital.

Pour faciliter la tâche aux employeurs et travailleurs, AskMandla s’appuie sur un modèle « WhatsApp-first », jugé plus adapté aux usages locaux que les applications classiques. Cet outil d’administration basé sur le numéro ne nécessite aucune manipulation supplémentaire, un choix stratégique dans un marché où WhatsApp constitue souvent le principal point d’accès aux services numériques.

Des démarches de conformité réalisables en moins de deux minutes

Grâce à WhatsApp et à Mandla, son assistant IA, AskMandla permet aux employeurs de réaliser des tâches fastidieuses en moins de deux minutes. Comme la génération automatique de contrats d’emploi, l’inscription à l’UIF (Unemployment Insurance Fund), la réalisation de bulletins de salaire mensuels et la gestion des tâches administratives. Pour ce qui concerne les employés, ils reçoivent des bulletins de salaire officiels et un historique d’emploi documenté. Plus encore, ils peuvent avoir accès à une partie de leur salaire à l’avance (Earned Wage Access). Une solution adaptée aux réalités locales.

AskMandla ne prévoit pas de s’établir sur d’autres marchés africains pour le moment

Au-delà de la gestion des ressources humaines, AskMandla cherche à formaliser un secteur représentant près de 107 milliards de rands (6,5 milliards de dollars) de salaires par an. En un an d’existence, la start-up dit avoir traité plus de 5 millions de rands (300 000 dollars américains) de salaires d’employés de maison et a émis près de 1 000 bulletins de paie.

Basée à Stellenbosch, elle compte pour l’heure ses abonnés dans les banlieues de Johannesburg, du Cap et de Durban. C’est là que la densité d’emplois nationaux est la plus forte. Pour le moment, AskMandla n’a pas prévu de se déployer ailleurs sur le continent africain car il faudra beaucoup de temps pour s’aligner sur le cadre juridique de chaque code du travail. « Nous sommes prêts à le faire avec le bon partenaire, dans le bon pays et au bon moment. Ce n’est pas prévu cette année. », souligne Ean Barnard.

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